Rencontre avec Alexandra Belus, nouvelle directrice du service des Doctorats

10 septembre 2021
Peux-tu te présenter et revenir sur ton parcours universitaire ?
Je suis Alexandra Belus, biologiste de formation. J’ai un doctorat en biologie et j’ai essentiellement travaillé sur la physiologie du cœur et du muscle cardiaque pour caractériser des canaux ioniques activés par un stress mécanique. Pendant les années qui ont suivi, j’ai travaillé sur les propriétés mécaniques des muscles striés  – muscles squelettiques et cardiaques – au niveau subcellulaire. J’ai fait toutes mes études en France jusqu’au DEA obtenu à l’Université Victor Segalen de Bordeaux. Puis, j’ai préparé mon doctorat en Angleterre, à l’Université de Leeds. A l’issue de mon doctorat, je suis partie en post-doc à l’Université de Florence, en Italie, et j’y suis restée 8 ans. J’y faisais de la recherche et de l’enseignement, à la faculté de médecine.
Au bout de 8 ans j’ai souhaité continuer à contribuer à la recherche et à l’enseignement d’une manière différente. J’ai rejoint l’Ecole Polytechnique, au départ comme adjointe du directeur de l’école doctorale de l’Ecole Polytechnique, puis au fur et à mesure, on a structuré les doctorats et les masters autour d’un service unique. J’ai participé à cette structuration et j’en ai pris la direction en 2015. J’ai contribué au développement de l’Université Paris-Saclay dont Polytechnique était membre ainsi qu’au développement de l’Institut Polytechnique avec l’ENSTA, Télécom, l’ENSAE et Télécom Sud-Paris.
J’ai rejoint les Mines en 2021, très enthousiaste  d’intégrer Mines  Paris,  une Ecole extrêmement dynamique grâce aux nombreux partenariats industriels, avec le contexte PSL – Paris Sciences & Lettres.
PSL est rentré en compte dans ton choix de rejoindre l’Ecole. Est-ce que l’approche littéraire et pluridisciplinaire change la donne ?
PSL pour moi, c’est un groupement qui a une identité forte avec des établissements de très haut niveau, et une forte sélection à l’entrée. Sa  grande diversité de culture  constitue une richesse qu’on ne retrouve pas dans tous les groupements.
Le côté recherche partenariale des Mines de Paris t’intéresse également. Peux-tu expliquer comment les doctorants font leurs recherches pour une entreprise ?
Nous avons beaucoup plus de thèses CIFRE (Conventions industrielles de formation par la recherche) à l’Ecole que la moyenne nationale ce qui fait qu’on a beaucoup de thèses, en partenariat avec des industriels. Les doctorants alternent donc entre le laboratoire académique et l’entreprise. Ils ont une acculturation presque naturelle à l’entreprise via leur travail de recherche. Pour moi c’est une force car le doctorat a souvent été vu en France comme un diplôme purement universitaire. C’est important de travailler dans cet axe, de contribuer à effacer les silos public et privé et de replacer le doctorat au cœur de la société, que ce soit dans le secteur public ou dans les entreprises.
Ces thèses développées en partenariat avec des entreprises permettent-elles les carrières académiques ?
Une thèse, qu’elle soit préparée en partenariat avec une entreprise ou non, n’empêche pas que le doctorant puisse faire une carrière académique et vice-versa. On a beaucoup de docteurs aux Mines qui sont partis en entreprise après leur doctorat. Les ingénieurs qui font leur thèse gardent une sensibilité accrue au monde de l’entreprise.
Comment envisages-tu l’avenir ? Quelles étaient tes motivations et tes objectifs lorsque tu as rejoint l’équipe ?
Une des questions qui se pose pour les institutions intégrées à des regroupements est celle du diplôme. C’est un diplôme PSL qui est délivré désormais et plus un diplôme MINES ParisTech. Nous réfléchissons donc à définir une identité du doctorat MINES ParisTech bien que le diplôme soit un diplôme PSL.  Les candidats au doctorat doivent choisir MINES ParisTech parce qu’il y a une identité, un accompagnement, un suivi, des perspectives qui sont connues, identifiées et prisées. Les futurs employeurs doivent également être informés de ces éléments et savoir que les docteurs formés à l’Ecole des Mines de Paris sont une “marque de fabrique”. On a commencé ce travail avec les écoles doctorales et des représentants des doctorants. On veut proposer un accompagnement de nos doctorants qui leur donne une valeur ajoutée par rapport à d’autres doctorants d’autres institutions. Et tout ceci sans perdre la force de PSL.
On veut rester conforme aux exigences de l’Ecole des Mines comme elle l’est pour les ingénieurs des Mines, et que nos docteurs soient aussi bien jugés que les élèves-ingénieurs. L’autre enjeu est d’attirer des candidats à haut potentiel, comme pour les concours d’ingénieurs, qui vont apporter leurs compétences au laboratoire pendant les 3 ans, sur un principe d’échange. Pour ce faire, il faut des projets “excitants” de la part des centres de recherche, des conditions matérielles intéressantes avec une politique de rémunération attractive et un programme d’accompagnement de qualité pendant la formation. Tout l’enjeu est donc de positionner une identité Mines dans le contexte PSL et que ce soit attractif d’un point de vue national et international pour attirer les bons doctorants, qui deviendront des docteurs recherchés sur le marché du travail.
Dans le processus de recrutement, tu dois travailler au cas par cas en faisant une place à l’individualité de chacun.
C’est d’autant plus vrai que les centres de recherche travaillent sur des thématiques qui sont très variables et très différentes donc, typiquement entre un doctorant qui va venir travailler au CSI (Centre de sociologie de l’innovation) et un qui va travailler au CEMEF (Centre de mise en forme des matériaux), il n’y a pas le même profil au départ. On n’a donc pas d’uniformité de culture entre les différents doctorants. Ils sont formés en fonction du centre de recherche dans lequel ils vont préparer leur thèse. Il y a même une variabilité intra-centres en fonction des différents projets. Tout le travail de recrutement est géré par les écoles doctorales : ISME, SDOSE et GRENE ainsi que SFA et STIC, dans lesquels sont inscrits pédagogiquement nos doctorants et qui animent le recrutement. Elles ont la connaissance et le savoir au plus près des communautés scientifiques pour pouvoir faire le travail de sélection à l’entrée.
D’une manière générale, tous les chercheurs d’un centre inscrivent leurs doctorants dans la même école doctorale. Il y a des centres sur des sites différents, rattachés à une même école doctorale. Aucune école doctorale n’est exclusivement MINES ParisTech ; soit elles sont communes avec d’autres membres de PSL, soit elles sont partagées avec d’autres établissements. Il y a une dimension pédagogique, en général multi-sites et multi-établissements et une dimension établissements multi-école doctorale.

Les doctorants en 2021

En 2021, 375 élèves sont inscrits en doctorat à l’École des Mines de Paris.

De gauche à droite :  répartition par genre des doctorats; origine géographique; répartition par écoles doctorales ; types de contrat.
En 2020, 89 docteurs ont soutenu leur thèse à Mines Paris.
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