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La Chaire Modélisation Prospective du Développement Durable, la chaire qui imagine notre futur !

 

La chaire Modélisation Prospective du Développement Durable a été créée en 2008 avec l’objectif de pouvoir « capitaliser autour d’une communauté »¹. C’est une démarche qui relève de la prospective, une discipline française qui est née dans les années 1950 et qui permet de construire le futur en envisageant tous les scénarii possibles. Pour répondre à ces problématiques, la chaire réunit deux équipes expertes issues du Centre de Mathématiques Appliqués (CMA), dirigé par Nadia Maïzi (également directrice de la Chaire MPDD), et du Centre International de la Recherche sur l’Environnement et le Développement (CIRED). Ensemble, ils cherchent à concrétiser les modèles qui vont permettre d’alimenter ces questions de prospective long terme. Depuis le début, la chaire a été soutenue par des grandes entreprises, telles que Schneider Electric, Total, Renault, EDF, qui ont vu son potentiel et répondait à leurs besoins pour leur stratégie interne. Depuis maintenant 10 ans, ces partenaires ont renouvelé plusieurs fois leur soutien.

En terme de réalisations académiques, les chercheurs de la chaire MPDD ont de nombreuses publications à leur actif et organisent des séminaires, avec des pairs académiques ou industriels, pour permettre de développer et d’échanger autour des projets de recherche.

La chaire MPDD est relancée pour 5 ans de recherche avec toujours de grandes ambitions et le souhait d’améliorer notre avenir.

¹Propos de Nadia Maïzi, Interview réalisée à l’occasion des 10 ans de la Chaire

 

Pour voir l’interview de Nadia Maïzi

Rencontre avec Véronique Stoven, chercheuse au Centre de Bio-Informatique

Quand l’intelligence artificielle et la recherche en biologie s’allient pour faire avancer la science – Exemple de la mucoviscidose.

Rencontre avec Véronique Stoven, une chercheuse passionnée du Centre de Bio-Informatique (le CBIO), de MINES ParisTech.

Pouvez-vous nous présenter le centre de Bio-informatique ?

Le Centre de Bio-informatique (CBIO) de MINES ParisTech, rattaché au département Mathématiques et Systèmes, développe des méthodes d’apprentissage statistique pour analyser et modéliser des données biologiques et chimiques, notamment au niveau moléculaire. Ces questions véhiculent des nouveaux enjeux, car la biologie d’aujourd’hui est caractérisée par des données massives, hétérogènes et complexes, comme des données de séquençage, de pharmacologie ou d’imagerie. Le CBIO développe des méthodes en apprentissage automatique et intelligence artificielle pour analyser ce type de données.

Comment êtes-vous arrivée à CBIO ? Quel est votre parcours ?

Mon parcours est assez atypique et lié à une succession de rencontres. Je suis Normalienne, initialement spécialisée en physique. J’ai soutenu ma thèse sur les nouvelles techniques pour la reconstruction par Résonnance Magnétique Nucléaire de la structure tridimensionnelle de molécules en solution. Dans ce cadre, je travaillais sur des échantillons, que je considérais uniquement du point de vue physique. Un jour, j’ai commencé à m’intéresser au contenu des échantillons, et au rôle biologique des protéines. J’ai alors décidé d’acquérir les connaissances qui me manquaient en biologie et je me suis formée pendant 2 ans à l’Institut Pasteur. J’ai ensuite intégré le centre de bio-informatique de Mines ParisTech, qui venait juste de se créer, et ai rejoint Jean-Philippe Vert son directeur. En 2003, l’équipe était petite et faisait partie du centre de Géostatistique, car le domaine de l’application du « machine-learning » en biologie était encore assez confidentiel. Aujourd’hui, le CBIO accueille environ 10 doctorants; ils doivent tous acquérir un double profil Intelligence Artificielle et biologie. De plus en plus de jeunes sont attirés par des applications de l’intelligence artificielle et du machine learning dans d’autres domaines que celui des algorithmes financiers.

Depuis deux ans vous avez orienté vos recherches sur la mucoviscidose, pourquoi ce choix ?

Encore un hasard de la vie. J’ai assisté à un colloque qui faisait le point sur l’avancée des recherches sur la mucoviscidose à l’hôpital Necker.  Pour résumer rapidement, la mucoviscidose est une maladie génétique, causée par la mutation du gène CFTR assurant une fonction canal chlorure (Cl-). Une avancée récente majeure dans le traitement de la mucoviscidose repose sur l’utilisation de modulateurs pharmacologiques de CFTR qui favorisent la restauration fonctionnelle du gène. Cependant, ces chemins thérapeutiques présentent un certain nombre de limites puisque les modulateurs de CFTR ne sont pas disponibles pour les patients porteurs de mutations conduisant à l’absence totale de synthèse de la protéine. Par ailleurs, la réponse clinique des patients aux modulateurs est très hétérogène. A la fin du colloque, j’ai pris contact avec le Professeur Isabelle Sermet-Gaudelus, médecin chercheur et co-directeur de l’équipe mucoviscidose et autres canalopathies de l’hôpital Necker. Je lui ai présenté les études réalisées au CBIO concernant la prédiction des interactions des protéines avec des médicaments. Ces algorithmes permettent de simuler la rencontre entre une molécule et une protéine, et de tester ainsi virtuellement des médicaments. En effet, le mécanisme d’action d’un médicament au niveau moléculaire correspond souvent à l’interaction de ce médicament avec une protéine dont la fonction est ainsi activée ou inhibée. J’ai alors lancé l’idée d’utiliser cette technique dans le cadre de la recherche sur la mucoviscidose. C’est comme ça que ce projet est né.

Quelles nouvelles perspectives l’Intelligence artificielle peut-elle apporter à la recherche ?

L’intelligence artificielle va permettre de développer une médecine de précision, c’est-à-dire donner le bon médicament au bon patient. Mais les perspectives vont encore plus loin, avec des applications en pharmacologie. C’est en effet une vraie méthodologie que nous sommes en train de mettre en place, qui pourra servir de référence, particulièrement au sein de la communauté des chercheurs du domaine des maladies rares. Lorsqu’une cible thérapeutique a été identifiée (en général, il s’agit d’une protéine impliquée dans la maladie étudiée), l’intelligence artificielle permet de prédire les molécules capables d’interagir avec cette cible pour contrecarrer à l’évolution de la maladie, limitant ainsi drastiquement le nombre d’expériences à réaliser pour valider de nouvelles thérapies. Ces prédictions peuvent se faire sur de nouvelles molécules, ou sur des médicaments connus. Dans ce dernier cas, on parle de molécule « repositionnée », et l’énorme avantage est que l’on gagne un temps précieux pour les patients: on accède directement à la « phase 2 » du développement clinique, car la toxicité de ces molécules est déjà connue. Ces protocoles pourront être utilisés pour élucider le mécanisme d’action global d’un médicament, puisque les effets observés au niveau clinique, qu’ils soient bénéfiques ou délétères, résultent de l’ensemble des protéines avec lesquelles le médicament interagit.

Dans le cas de la mucoviscidose, des observations biologiques et cliniques bénéfiques indiquent que les modulateurs de CFTR interagissent vraisemblablement  avec des protéines « off target », c’est-à-dire autres que CFTR, la cible thérapeutique convenue. Les approches de machine- et de deep- learning (deux branches de l’intelligence artificielle), couplées à des expériences biologiques de validation, sont actuellement utilisées pour identifier l’ensemble des cibles de ces molécules, afin d’élucider leur mécanisme d’action. Cette connaissance est cruciale car elle ouvrira également la voie à de nouvelles approches thérapeutiques. En effet, l’identification des « off-targets » responsables d’effets bénéfiques tels que la réduction de l’inflammation des voies respiratoires, et pour lesquelles des médicaments spécifiques sont déjà connus, suggèrera des opportunités de repositionnement dans la mucoviscidose. Plus généralement, d’autres cibles thérapeutiques pour lesquelles des médicaments sont disponibles, pourront également être envisagées, parmi les protéines ayant une fonction biologique apparentée à celles des off-targets bénéfiques. Si l’Intelligence artificielle permet donc de mieux comprendre le mécanisme des médicaments, elle permet également en retour d’anticiper des réponses positives ou négatives au traitement. En effet, la connaissance du profil d’expression des patients pour l’ensemble de ces cibles va permettre une stratification des patients et des choix thérapeutiques adaptés. Ce qui est particulièrement innovant dans ce projet, c’est l’idée que dans une maladie génétique monogénique, l’IA permet d’identifier des cibles thérapeutiques autres que la protéine codée par le gène muté,  ainsi que les médicaments associés, pour rétablir des fonctions cellulaires perturbées dans la maladie. A terme, ce projet ferait en quelque sorte une preuve de ce concept, qui serait transposable à d’autres maladies.

Quels sont les partenaires scientifiques du CBIO ?

Comme déjà évoqué, le projet mucoviscidose se place dans le cadre d’une collaboration impliquant des biologistes et cliniciens spécialistes de la mucoviscidose (INSERM U1151, Prof. Isabelle Sermet-Gaudelus) et des biologistes des systèmes (U900, Institut Curie, Dr. Laurence Calzone). Le CBIO collabore depuis sa création avec des équipes de biologistes et de cliniciens ne nombreuses institutions (institut Pasteur, Institut Gustave Roussy, CEA, Inserm etc…). Il a cependant un lien privilégié avec l’Institut Curie, au travers d’une convention qui le lie à l’unité de recherche U900 (Cancer et Génome : bioinformatique, biostatistiques et épidiémologie d’un système complexe). Ce partenariat a amené le CBIO à développer beaucoup de travaux de recherche dans le domaine du cancer. Ce type de structure est essentiel à l’intégration pluridisciplinaire requise pour avoir un impact à la fois du point de vue méthodologique et de celui des applications, avec pour objectifs principaux : comprendre la biologie, trouver de nouveaux traitements et développer la médecine de précision.

Comment coordonnez-vous le travail des différents partenaires ?

C’est un vrai défi de faire dialoguer ensemble des médecins, des chercheurs et des ingénieurs. Il est essentiel d’avoir des binômes médecins et bio-informaticiens qui se comprennent. Nous sommes interdépendants et avons besoin de nos compétences respectives. Mon rôle est de coordonner le dialogue entre tous ces acteurs. Je suis à Curie et à Necker au moins une fois par semaine et j’ai des contacts quasi quotidiens avec les différents acteurs investis dans ce projet. Nous avons également une collaboration avec Valérie Roy du centre des mathématiques appliquées (CMA, Sophia-Antipolis), qui utilise également des approches de machine-learning pour développer des scores de réponse aux traitements, dans le cadre de la mucoviscidose. Disposer de tels scores est indispensable pour évaluer les nouveaux médicaments. Le projet sur la mucoviscidose a bien sûr beaucoup intéressé l’association Vaincre la mucoviscidose, qui vient de financer un doctorant, élève de MINES ParisTech. La fondation des maladies rares est également très intéressée, car la démarche proposée est transposable à d’autres maladies, et permettrait de raccourcir les délais et surtout baisser le coût de la recherche sur les maladies rares et complexes.

Nous sentons qu’une vraie passion vous anime …

Je suis passionnée par ce que je fais, convaincue par la richesse de la multidisciplinarité. J’ai la conviction qu’il faut se battre ensemble pour réussir, et qu’il ne faut pas hésiter à explorer toutes les pistes qui existent : ça prend beaucoup de temps et d’énergie mais c’est ça qui donne du sens à mon travail de chercheuse.

Propos de Véronique Stoven, recueillis par Sandrine Kletz

Pour en savoir plus sur le CBIO

 

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La Chaire Théorie et Méthodes de la Conception Innovante (TMCI) a été fondée en 2009 par Armand Hatchuel et Benoit Weil, professeurs à MINES ParisTech et est soutenue par la Fondation Mines ParisTech. Elle fonctionne sur des cycles de 5 ans. Elle est aujourd’hui dans son troisième cycle et sa onzième année. Elle est actuellement dirigée par Benoit Weil et Pascal Le Masson avec un collège de 5 professeurs. La chaire TMCI réunit une cinquantaine de chercheurs (doctorants, post-doctorants, associés). Elle reçoit le soutien de 13 partenaires industriels.

Equipe de la chaire TMCI 2018 (chercheurs, associés et partenaires)

 

Interview d’Armand Hatchuel pour la chaire tmci

Lorsque vous avez décidé de fonder cette chaire, était-il difficile de convaincre des partenaires pour vous soutenir dans vos recherches  ?

« La création de la chaire n’a pas été difficile. Elle venait à la suite de nombreuses recherches partenariales qui avaient permis à des entreprises de connaître nos méthodes, et dans certains cas d’avoir acquis en interne une compétence et une pratique avancée. En outre, les entreprises partenaires de la chaire étaient convaincues qu’il fallait capitaliser sur ces premiers succès par un effort de recherche fondamentale qui consoliderait la réputation internationale de nos travaux. Il faut savoir que dans le domaine des théories de la conception, les entreprises étaient dépendantes de deux ou trois écoles dominantes (allemande, japonaise et américaine) et pour convaincre au plan mondial, il fallait non seulement être efficace mais être reconnu académiquement. Le fait que la théorie C-K soit enseignée (entre autres) à Stanford, dans l’un des laboratoires de référence du domaine est un atout pour tous ceux qui proposent cette méthode dans leur entreprise. »

Journée des partenaires 2018

Pouvez-vous nous énoncer les principaux milieux que touchent vos recherches ?

« On doit clairement distinguer le monde des entreprises et le milieu universitaire car l’impact de nos recherches, y est différent. Dans les entreprises, on peut dire que le gros des méthodes que nous avons développées aujourd’hui est connu et diffusé par des consultants dont certains sont vraiment des spécialistes, qui ont gardé un lien étroit et des échanges permanents avec la chaire. On ne peut pas affirmer que toutes les directions d’innovation utilisent la théorie C-K, mais il est devenu rare qu’elle n’en ait pas entendu parler. Certains de nos entreprises partenaires sont des centres d’excellence avec des laboratoires d’innovation qui ont poussé très loin l’usage de nos méthodes en les adaptant ou en les associant à d’autres en fonction de leur activité. Et nous couvrons aujourd’hui tout le spectre industriel depuis la high Tech jusqu’aux grands labos pharmaceutiques en passant par l’industrie classique. Notre impact dans le monde académique est mondial et bien visible. Nous organisons tous les ans le groupe international de Design theory. Celui-ci se réunit depuis 13 ans et il s’est doté d’une Ecole doctorale. Nous recevons tous les ans plus de 100 participants venus d’une cinquantaine d’universités. Par ailleurs, les publications de l’équipe ont de très bons niveaux de citations, y compris pour des papiers relativement théoriques. »

Est-il facile pour les entreprises d’appliquer vos théories ? Les accompagnez-vous tout au long du processus ?

« Comme indiqué plus haut, la plupart des entreprises qui ont eu une pratique intensive de nos théories ont été d’abord des entreprises partenaires. Il y a donc eu non seulement accompagnement mais aussi coévolution, car elles suivent directement tous les travaux de la chaire. En outre, elles partagent leurs expériences et c’est souvent la meilleure façon de découvrir une méthodologie.  Mais il y a aussi une diffusion plus large qui est assuré par les consultants. Et dans ce domaine, il y a d’une part ceux qui sont nés de la chaire et qui sont pour nous à la fois des relais et des sources de stimulation. Et puis il y a une dissémination plus large que nous découvrons chaque jour : lors d’un séjour à Rabat, j’ai appris qu’il s’y tenait un atelier C-K, par une équipe inconnue. »

Vous réalisez votre 3ème cycle. Pouvez-vous nous dire quelle est votre plus grande fierté à ce jour ?

« D’abord, l’évident enthousiasme des jeunes chercheurs de la chaire, et qui perdure. Il tient certainement à l’étonnante fécondité industrielle de la découverte théorique initiale. Tous les jours nous en voyons un prolongement, une extension, une application, tous inattendus. Au plan scientifique, il y a aussi de nombreux résultats qui montrent que nous avons modélisé un raisonnement à la fois important et général. Ainsi, notre approche intéresse aussi bien des philosophes, des psychologues, que des physiciens, et c’est indéniablement très satisfaisant. »

Propos d’Armand Hatchuel, recueillis par Emeline Roque

 

Pour en savoir plus sur la Chaire TMCI

 

Nous restons en lien ! Retour sur une visioconférence passionnante…

En cette période inédite, la Fondation Mines ParisTech désireuse de maintenir un lien avec ses donateurs a organisé le jeudi 7 mai une visioconférence sur le thème de : « La résilience de l’industrie ne passe pas toujours par la relocalisation ». Thierry Weil, professeur à MINES ParisTech PSL, responsable de la chaire Futurs de l’Industrie et du Travail et conseiller de La Fabrique de l’Industrie, et Vincent Charlet, ancien élève de MINES ParisTech et délégué général de La Fabrique de l’Industrie, ont animé cette conférence en présentant leur analyse sur ce sujet, qui fait écho aux questions soulevées par la pénurie de matériel sanitaire dans la crise que nous traversons.

La Fabrique de l’Industrie est un laboratoire d’idées destiné à susciter et à enrichir le débat sur l’industrie. La Fondation soutient la chaire Futurs de l’Industrie et du Travail, qui mène une réflexion sur la meilleure adaptation de l’organisation du travail aux aspirations, de la formation aux besoins et des actions des entreprises face aux attentes des parties prenantes.

43 personnes ont participé à cette visioconférence, ont posé leurs questions et ont animé le débat.

Un grand merci aux participants et aux intervenants pour ce moment de partage intellectuel et social !

Le succès de cette première conférence nous donne l’envie d’organiser d’autres moments de partage entre nos donateurs et les chercheurs de l’Ecole. A suivre…

 

Pour en savoir plus sur l’article de Thierry Weil

 

 

Rencontre avec Émilie Forestier, l’une des lauréates du Prix…

Vous avez reçu en octobre dernier, le deuxième prix ainsi que 1000€ lors de la troisième édition du Prix Pierre Laffitte soutenue par la Fondation Mines ParisTech. Vos recherches portent sur la mise en forme d’un polymère biosourcé pour l’emballage alimentaire.
Pouvez-vous expliquer en quelques mots le sujet de votre thèse ?

« 
Les bouteilles en plastique sont fabriquées à partir du procédé ISBM qui consiste à venir chauffer puis étirer et souffler le matériau contre un moule froid. Actuellement, la plupart des bouteilles en plastique proviennent du pétrole et plus précisément du PET. Ce matériau possède, en effet, d’excellentes propriétés mécaniques, thermiques et barrières aux gaz. Cependant, on essaie de plus en plus de limiter la dépendance à la pétrochimie tant d’un point de vue financier qu’environnemental. L’intérêt pour les matériaux biosourcés est donc accru depuis quelques années. Le but de ma thèse s’inscrit dans cette tendance, en venant étudier un nouveau matériau biosourcé, le PEF, qui peut être synthétisé à partir des résidus végétaux. Plutôt que de les brûler, on va en extraire deux molécules qui sont le fructose et le glucose. Ces molécules vont, par l’intermédiaire de plusieurs étapes, être synthétisées en PEF. Mon projet de thèse porte ensuite sur l’étude des propriétés mécaniques, thermiques et structurales du PEF en comparaison direct avec le PET. Le PEF et le PET sont sollicités mécaniquement puis caractérisés. Leur microstructure va être modifiée par l’étirage et de nouvelles propriétés seront induites. C’est de ses propriétés induites que va dépendre la résistance mécanique et la stabilité thermique des futures bouteilles. Le but final de mon travail de recherche étant de comprendre le comportement du PEF et de savoir s’il est possible de faire des bouteilles en PEF qui auront des propriétés équivalentes à celles des bouteilles actuelles en PET. »

Pourquoi avoir choisi de travailler sur la mise en forme d’un polymère biosourcé pour l’emballage alimentaire ?
«
 Ce projet de thèse a été monté à la suite de mon stage de dernière année de Master Recherche spécialisé en “Physique des Matériaux, Mécaniques et Modélisation Numérique” (P3M) à l’Université de Nice Sophia-Antipolis. Ma thèse, tout comme mon stage auparavant, est en partenariat avec deux laboratoires : le Centre de Mise en Forme des Matériaux (CEMEF), à Sophia-Antipolis, et l’Institut de Chimie de Nice. La collaboration entre ces deux laboratoires permet de mener une étude physico-chimique complète du matériau. Cet aspect multiple est en adéquation avec ma formation de physico-chimiste et ma personnalité, c’est ce qui m’a tout de suite plu. On peut dans la même journée faire un grand écart scientifique entre la mécanique et l’analyse microstructurale par spectrométrie infrarouge. Je pense qu’il est très important de trouver des alternatives au pétrole, surtout lorsque l’on sait qu’un million de bouteilles en plastique sont vendues chaque minute dans le monde. De plus, pour des raisons d’hygiène, le plastique a encore toute sa place dans l’emballage alimentaire pour la conservation des aliments et leur protection. En s’intéressant aux matériaux biosourcés on assure un emballage plus écologique aux consommateurs. »

Existe-t-il à votre connaissance d’autres procédés pour remplacer les composants issus de la pétrochimie dans la fabrication de ces emballages ?
« 
Le PEF est un des meilleurs candidats actuels pouvant remplacer le PET dans une utilisation de bouteilles en plastique. En effet, ces deux matériaux ont des propriétés très proches. Cependant, d’autres matériaux existent et sont déjà utilisés dans l’alimentaire. On peut, par exemple, évoquer le PLA. Il est issu de l’amidon et considéré comme un matériau biosourcé de première génération car il est en concurrence avec les ressources alimentaires. Tandis que le PEF fait partie des matériaux de seconde génération car issu des végétaux. Le PLA a été proposé pour la fabrication de bouteilles en plastique biosourcé, mais il s’est révélé ne pas être assez rigide, et une utilisation plus adaptée dans les sacs en plastiques de supermarché, pour les fruits et légumes par exemple, ou encore dans le biomédical avec les fils de suture, lui a été attribué. »

Quel est l’avenir selon vous, du polymère biosourcé dans l’industrie de l’emballage agro-alimentaire ?
«
 Je pense, au vu de la situation environnementale actuelle, qu’avec les matériaux recyclés, les matériaux biosourcés sont les matériaux qui seront le plus utilisés dans les prochaines années. Leur seule production a un impact bénéfique sur l’environnement puisque l’on récupère les déchets végétaux plutôt que de les brûler. D’autre part, des mélanges PET recyclé et PEF biosourcé peuvent également être imaginés. En effet, après plusieurs recyclages, un matériau n’a plus des propriétés aussi bonnes qu’initialement. Des mélanges matériaux biosourcés/matériaux recyclés peuvent alors être une alternative pour continuer d’utiliser les matériaux pétrosourcés actuellement présents sur le marché.
On peut également imaginer le PEF dans le remplacement de certains emballages en carton, en verre ou également en aluminium. »

En quoi remporter ce prix est-il important pour vous ?
« 
J’étais très contente de participer et de remporter cette deuxième place, aussi bien pour moi que pour mes encadrants qui m’ont aidée et qui ont participé à ce travail depuis le début de ma thèse. Je trouve qu’il est très important d’essayer de vulgariser le plus possible nos sujets de recherche vis-à-vis du grand public, pour sortir de cette étiquette de chercheur isolé dans son laboratoire, et intéresser un plus grand nombre de personnes à la science. En vulgarisant, on permet aux non-initiés de s’informer et de comprendre les enjeux de demain. C’est ainsi que la recherche avance : lorsqu’elle est multiple. Tous les sujets de recherche sont diffusables. Des vocations peuvent alors naître dans l’auditoire. Je pense notamment auprès des plus jeunes et surtout des filles, qui, dans mon domaine, restent très rares. C’est ce que j’ai souhaité faire à travers ma présentation ; je voulais que l’auditoire se transporte au laboratoire avec moi, et comprenne les différentes étapes ainsi que la science qui se tient derrière une « simple » bouteille en plastique de notre quotidien. De plus, mon sujet de thèse a la chance de regrouper deux laboratoires, deux entreprises et d’être financé par l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME). Il rentrait donc assez bien dans les critères du Prix Pierre Laffitte qui cherche à réunir le monde académique et industriel. »

Quels sont vos projets d’avenir après la thèse ?
«
 Après ma thèse, je compte continuer dans le domaine des matériaux biosourcés ou du recyclage. Il y a encore beaucoup à faire dans ces secteurs pour aboutir à des matériaux plus respectueux de l’environnement. J’aimerais beaucoup m’intéresser à la deuxième vie des matériaux et à leurs nouvelles propriétés. Je me passionne également pour d’autres domaines que celui des bouteilles en plastique, comme celui des matériaux pour le médical, pour le textile ou encore pour le bâtiment. J’aimerais continuer de travailler sur un projet comme le mien qui mêle directement le monde industriel à celui de l’académie avec une réelle portée environnementale. Grâce à mes deux laboratoires, j’ai pu acquérir des compétences très variées qui touchent aussi bien la mécanique, que la caractérisation microstructurale ou l’analyse thermique… Je pense que cette diversité me sera utile dans la suite de ma carrière scientifique, peu importe où je serai. »

Propos recueillis par Elise Pollet

En savoir plus sur le soutien à la recherche de la Fondation Mines ParisTech

Qui adoptera la dernière imprimante 3D ?

L’opération « Adopte une machine » de l’Atelier offre à chacun l’opportunité de parrainer un outillage, un équipement ou une machine. Ces outils pédagogiques s’inscrivent dans la formation scientifique des étudiants de MINES ParisTech, tous cycles confondus.

« La pratique est complémentaire de la théorie et permet d’une part de mieux la comprendre, d’autre part de mieux savoir l’appliquer dans le futur » Léo Chabert, Ingénieur civil, P17.

En 2019, deux imprimantes 3D sur trois ont été parrainées grâce à l’engagement de nos donateurs ! La troisième imprimante 3D n’attend plus que vous !

A quoi va servir mon don ?
Parrainer une machine, comme une imprimante 3D, c’est contribuer directement à la qualité de l’enseignement de MINES ParisTech et permettre aux élèves d’avoir facilement accès à du matériel moderne pour mener à bien les projets demandés au cours de leur scolarité.
L’imprimante 3D sert aux cours de mécanique pour une application particulière, comme fabriquer un bras de drone par exemple ; aux projets de mécatronique ; au cours de mécanique des fluides (construction de petits avions ou de casques de vélos miniatures pour tester l’aérodynamique). Elles sont utilisées par tous les élèves qui font des concours de type robotique et par les doctorants.

Mon don est-il compatible avec mes déclarations fiscales ?
Oui ! Grâce à une fiscalité avantageuse, vous pouvez devenir acteur de projets innovants et donner votre nom à un équipement de l’Atelier comme l’imprimante 3D.
Je parraine une imprimante 3D à 5 000€, mon don me revient à 1 700 € après déduction de l’impôt sur le revenu (IR) ou à 1 250 € après déduction de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI).

►En savoir plus

Aidez les étudiants et gravez votre nom au cœur de l’Atelier de l’École !

Adopter une imprimante 3D

Séminaire « Entreprise, Responsabilité et Civilisation : Le mandat,…

La Chaire Théorie de l’Entreprise
organise son prochain séminaire « Entreprise, Responsabilité et Civilisation »
le 25 novembre, de 18h à 20h,
autour de Pascal Arnaud
« Le mandat, au cœur de la gestion de l’Empire Romain »
à MINES ParisTech
60 Boulevard Saint Michel, 75006 PARIS
Paris
en salle v115-v116
Inscription gratuite et obligatoire avant le 20 novembre
Télécharger l’invitation
La recherche vous intéresse ?

Mettre son patrimoine au service de l’École des Mines

En 2019, grâce à Raoul Charreton (P44), la Fondation Mines ParisTech a reçu son premier legs significatif. À cette occasion, la Fondation revient pour vous sur les différentes formes de legs qui existent.

Le saviez-vous ?
La Fondation Mines ParisTech, reconnue d’utilité publique depuis 1947, est habilitée à recevoir des legs et autres libéralités en franchise de droits de succession.
Faire un legs à la Fondation Mines ParisTech, quel que soit le montant, c’est s’assurer de faire perdurer sa mémoire à travers nos valeurs communes.

Que puis-je transmettre ?
Par un legs, vous transmettez tout ou une partie de votre patrimoine au profit de la Fondation en le stipulant dans votre testament (nous vous conseillons pour cela d’aborder le sujet avec votre notaire). Plusieurs possibilités s’offrent à vous afin d’exprimer au mieux vos volontés :
Le legs universel : en faisant un legs universel au profit de la Fondation Mines ParisTech, vous décidez de nous transmettre l’intégralité de votre succession. Vos héritiers touchent leur part en priorité, dite « la réserve héréditaire ».
Le legs à titre particulier: cette disposition permet à la Fondation de recevoir un ou plusieurs biens précis, déterminés au préalable par le testateur. Par exemple, grâce à un legs de 23 400 €, vous financez 3 ans de bourse pour un étudiant ingénieur civil ; en léguant un appartement parisien, vous logez jusqu’à 10 élèves près de l’École.

Vous souhaitez en savoir plus sur les libéralités ?
Nous mettons à votre disposition, sur simple demande, notre brochure legs et donations.

nous contacter

Vous avez des questions relatives aux libéralités?
Vous pouvez contacter notre expert en fiscalité et Délégué général de la Fondation :
Antoine Battistelli – antoine.battistelli[a]mines-paristech.fr – 01.40.51.90.21

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