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Pouce vers l’Est, aventure en stop jusqu’à Hanoï

Quentin Huet (IC P22) a profité de sa césure pour se lancer le défis de relier Paris à Hanoï en auto-stop en, 100 jours, pour l'association Lazare. L'objectif de cette expérience était avant tout associatif mais également une manière de vivre une aventure personnelle riche en découvertes.

Pouvez-vous vous présenter ? Quel a été votre parcours à l’École ?

Je m’appelle Quentin Huet, et suis actuellement en 3ème année du Cycle Ingénieur Civil. Je suis entré à l’École via le Concours Commun Mines Ponts, et ai suivi le cursus « classique » de l’Ingénieur Civil : première année, deuxième année, césure, troisième année.

Pouvez-vous nous décrire votre projet ? Qu’est-ce qui vous a motivé à le lancer ?

En 2ème partie de césure, je me suis lancé dans le projet suivant : relier Paris à Hanoï en auto-stop, en 100 jours, pour l’association Lazare. L’objectif de ce projet était multiple.

Associatif, d’abord. En effet, j’ai choisi de partager mon aventure sur les réseaux sociaux, Instagram en particulier, à travers une vidéo d’environ 1 minute par jour de voyage. L’objectif de ce compte était, par mon voyage, de sensibiliser à la beauté de la rencontre, et de cette manière, de mettre la lumière sur l’association Lazare. Lazare est une association qui met en place des collocations solidaires entre anciens sans abris et jeunes actifs, qui vivent donc au quotidien cette joie de la rencontre. Par mon compte Instagram, suivi par plus de 6000 personnes à l’issue de l’aventure, je souhaitais transmettre le message et la beauté de ce qui se vit chez Lazare, tout en incitant les personnes qui me suivaient à donner à l’association. J’ai ainsi ouvert une cagnotte pour Lazare qui a atteint 1500€.

Personnel, ensuite. Au-delà de cet aspect associatif, je souhaitais également vivre une aventure personnelle, en profitant de la césure pour vivre quelque chose que je n’aurais pas forcément l’occasion de vivre à d’autres périodes de ma vie. Je voulais apprendre à prendre le temps, à ne pas toujours être en contrôle de ma vie, à me laisser porter par les rencontres que je ferai. Surtout, j’avais à cœur de découvrir de nouvelles cultures, des manières de vivre et de penser différentes de ce que nous connaissons en France et en Europe. Et quel meilleur moyen de découvrir un pays qu’en embarquant en voiture avec des locaux ?

Pouvez-vous nous décrire le parcours de votre voyage ? Comment l’aviez-vous choisi ? Avez-vous pu le suivre ?

En amont du voyage, bien que le parcours spécifique ne soit pas précisément défini, par la nature aléatoire de l’autostop, j’avais en tête les quelques grandes lignes du parcours que voici :

1ère étape : Rejoindre Istanbul depuis Paris, en longeant la Méditerranée,

2ème étape : Traverser la Turquie,

3ème étape : Relier la Chine depuis l’Est de la Turquie. Cette étape était l’une des plus compliquée, étant donné les complications géopolitiques de la région. Trois options s’offraient à moi, dont les tracés sont indiqués sur la carte ci-dessous :

    • Le passage par l’Iran, puis le Pakistan et l’Inde, (en orange sur la carte) formellement déconseillé par le Ministère des Affaires étrangères : « L’Iran met en œuvre une politique délibérée de prise d’otages occidentaux et cible des ressortissants français de passage qu’il accuse d’espionnage. »
    • Le passage en Azerbaïdjan, puis la traversée de la Mer Caspienne en ferry jusqu’au Kazakhstan (en bleu sur la carte). Cette option n’est malheureusement plus praticable depuis 2019, l’Azerbaïdjan ayant fermé ses frontières terrestres.
    • Le passage par la Russie, le long de la Mer Caspienne, pour rejoindre Atyrau, à l’Est du Kazakhstan (en vert sur la carte). C’est l’option que j’ai choisie, la traversée de la Russie étant possible par l’obtention d’un visa de transit, autorisant 3 jours sur le territoire Russe.

4ème étape : Traverser l’Asie centrale,

5ème étape : Traverser la Chine, du Nord-Ouest au Sud-Est,

6ème étape : Rejoindre Hanoï.

C’est finalement bien ce parcours que j’ai suivi, dans les grandes lignes, avec quelques détours en fonction des voitures qui acceptaient de me prendre et des lieux culturels que je souhaitais visiter

Quelles rencontres vous ont marqué ?

Durant le voyage, mon quotidien était axé autour de la rencontre : pour avancer vers Hanoï, je dépendais de la générosité des personnes qui acceptaient de me prendre dans leur voiture. Si toutes les rencontres que j’ai faites ont été de belles leçons d’humanité et de générosité, et des occasions de mieux connaître la culture et l’histoire des pays traversés, certaines m’ont tout particulièrement marqué.

  • Daston est un camionneur kazakh qui m’a marqué par son sens du travail. Son rythme de vie est de 10 jours passés sur la route, pour subvenir aux besoins de sa femme et de ses deux filles, pour 24h passées chez lui, à Shymkent. Lorsqu’il est sur la route, son quotidien se résume à une quinzaine d’heures par jour au volant, interrompues par un unique repas dans la journée, lorsque la faim se fait sentir. Nous avons traversé ensemble 2000 km de steppes kazakhes, pouvant uniquement communiquer avec des gestes et les quelques mots que je connaissais en russe, c’était une expérience hors du commun.
  • Manu est d’origine tadjik et habite dans le Sud du Kazakhstan, près de la frontière avec l’Ouzbékistan. Il m’a hébergé chez lui et a pris soin de moi comme si j’étais son fils, m’emmenant découvrir son village et rencontrer ses amis. Son sens de l’hospitalité m’a bouleversé.
  • YangYan est un jeune chinois, parlant un anglais parfait car il a étudié aux Etats-Unis. Nous avons pu échanger sur nos visions très différentes de la liberté, du droit, et des qualités et défauts du fonctionnement politique chinois. Nos discussions m’ont permis d’élargir mes opinions et de mieux comprendre le quotidien de la vie en Chine.

Il y a de nombreuses autres rencontres qui m’ont fortement marqué, tant que je ne pourrais toute les citer, mais je retiens un élément essentiel : partout où j’étais, des gens m’ont ouvert leurs portes, ont pris soin de moi, se sont assuré que j’allais bien, et j’ai été très touché par ce sens profond d’humanité.

Avec Daston, chauffeur de camion kazakh, à la sortie de Shymkent
Manu, mon hôte pendant 24h, dans l'une des plus grandes mosquées du Kazakhstan.

Quels enseignements tirez-vous de votre projet ?

J’ai beaucoup appris durant ces quelques mois, que ce soit personnellement, culturellement, ou par les exemples d’hospitalité et de générosité que j’ai rencontrés. Cela étant dit, je pense que les enseignements principaux sont les suivants :

  • La réussite d’un projet ambitieux tient à deux éléments clés : beaucoup de préparation, et un peu de folie. En amont de mon voyage, je m’étais bien préparé (faisabilité de mon itinéraire, matériel nécessaire, etc.), mais je n’avais aucune idée de si j’arriverai à destination. Il m’a fallu me lancer, sur le bord du Boulevard St Germain, le pouce en l’air, malgré nombre de mes proches qui n’y croyaient pas.
  • Chaque problème a sa solution. J’ai rencontré beaucoup de difficultés au cours de mon périple, et même si certaines paraissent insurmontables, en prenant du recul, il y a toujours une manière d’arriver à ses fins.
  • Chaque rencontre peut nous faire grandir. Quel que soit le statut social, l’âge, l’origine, le métier, chaque personne que j’ai rencontrée m’a permis de grandir et d’apprendre, d’une manière ou d’une autre. Je rentre donc en cherchant, au quotidien, à apprendre de chacun.

Quelles sont les prochaines étapes après votre retour ?

Après mon retour, je dirais que la première grosse étape est d’accepter et d’apprécier le retour à une vie plus normale : le retour en cours, pour ma 3ème année à l’École, avec sa routine et son rythme parisien. J’aimerai également prendre du recul sur ce que j’ai vécu, et je réfléchi à écrire sur les rencontres que j’ai faites, les réflexions que j’ai pu avoir. L’objectif est d’écrire d’abord pour moi, pour ancrer ce que j’ai vécu, et ensuite, peut-être, pour le diffuser à un cercle plus ou moins restreint.
Dans tous les cas, je garde en tête de manière forte cette importance de la rencontre qui a été mon quotidien pendant plus de 4 mois, et que je souhaite continuer à vivre dans ma vie de tous les jours.

En quoi le soutien de la Fondation a-t-il été déterminant pour la réalisation de votre projet ?

Le soutien de la Fondation a été essentiel dans l’aspect associatif de mon projet. En effet, les fonds versés par la Fondation ont non seulement été un coup de pouce conséquent dans les frais du voyage, ils m’ont également permis d’acheter le matériel vidéo nécessaire pour partager au quotidien mes aventures.

Sans la Fondation, je serai parti quelque peu égoïstement sur les routes, pour vivre une aventure exclusivement personnelle.

Grâce à la Fondation, j’ai pu partager cette aventure, diffuser cette idée de la rencontre si chère à mes yeux, partager les découvertes, le lâcher prise et les difficultés de ce voyage. C’est de cette manière que j’ai aussi pu faire rayonner le message de Lazare, et récolter des fonds pour aider l’association à sortir les sans-abris de la rue. J’ai reçu de nombreux messages, au cours de mon voyage, de personnes qui, d’une manière ou d’une autre, ont appris, grandi, découvert, en suivant mes aventures sur les réseaux, et sans la Fondation, je n’aurais pas pu avoir un tel impact.

Soutien aux mobilités des enseignants-chercheurs, l’exemple d’Henry Proudhon

Dans le cadre de son engagement en faveur des chercheurs de Mines Paris-PSL, la Fondation soutient, à l'international, des projets de recherches ambitieux. C'est dans ce contexte qu'Henry Proudhon a pu effectuer un séjour à l'université de Californie, à Santa Barbara.

La Fondation Mines Paris a soutenu un déplacement de 4 semaines aux Etats-Unis de Henry Proudhon, chercheur au CMAT et spécialiste de l’imagerie 3D des matériaux de structure. Ce déplacement était l’occasion de renforcer les liens de collaboration avec l’université de Californie Santa Barbara. Henry Proudhon y a en effet déjà fait un séjour d’un an en 2017 et collabore régulièrement depuis avec les équipes de Tresa Pollock (département Matériaux) et Samantha Daly (département Mécanique), qui a elle aussi fait un séjour de 3 mois au CMAT en 2023 grâce à un PSL visiting fellowship et au soutien de la chaire BIGMECA. Les collaborations en cours concernent l’imagerie 3D d’orientation des matériaux métalliques (microscope tribeam) et l’analyse automatique de signaux d’émission acoustique par IA pour la caractérisation mécanique (thèse en cours de Pierre Belamri). Hasard du calendrier, ce fut l’occasion pour Henry Proudhon d’assister à une journée pour les 10 ans du CNSI (California NanoSystems Institute), l’incubateur de l’université avec de nombreuses présentations de startup Deeptech issues de l’université comme FLO Materials, Nexus Photonics, Quintessence, Leeta Materials.

Université de Californie Santa Barbara
Microscope tribeam au département Matériaux de l'Université de Californie Santa Barbara

Henry Proudhon a ensuite présidé la conférence 3DMS 2025 à Anaheim où les dernières avancées en matière de caractérisation 3D des matériaux sont présentées tous les 2 ans. Les liens entre caractérisation 3D, métallurgie numérique et analyse par IA n’ont jamais été autant d’actualité. Avant de rentrer en France, Henry Proudhon a pu se rendre à l’université de Colombie Britannique à Vancouver pour participer à un workshop international sur le thème: Microstructure engineering of advanced structural metals: Linking microstructure to plasticity and fracture. 

La Fondation Mines Paris affiche ainsi son soutien aux chercheurs de Mines Paris pour les aider à développer leur réseau et à faire rayonner leur recherche à l’international.

La mobilité en doctorat, une opportunité de rayonnement

Dans le cadre de son soutien aux doctorants, la Fondation Mines Paris accompagne chaque année des projets de recherche ambitieux. C’est dans ce contexte que Léa Cailly-Brandstäter a pu effectuer un séjour scientifique aux États-Unis.

Pouvez-vous vous présenter ? Pourquoi avez-vous choisi de faire votre doctorat à Mines Paris – PSL ?

Je m’appelle Léa Cailly-Brandstäter, je suis doctorante en 3e année au Cemef (Centre de Mise en Forme des Matériaux, ndlr.) à Mines Paris – PSL. Avant de commencer ma thèse, j’ai fait une licence de physique puis j’ai rejoint le Master Energie de PSL. C’est pendant mon master que j’ai rencontré mes futurs directeurs de thèse, dans le cadre de la PSL week. J’ai suivi une semaine intense de cours de physique des fluides, encadré par l’équipe CFL (Computational Fluid) du Cemef. C’est à cette occasion que j’ai rencontré Rudy Valette et Romain Castellani qui m’ont permis de faire des stages au Cemef avant de me proposer de rejoindre le centre en Doctorat.

 

Sur quoi portent vos travaux ?

Je fais un doctorat en rhéologie, la science des écoulements de la déformation de la matière. C’est une discipline qui étudie des fluides complexes ou fluides non newtoniens. Dans la vie de tous les jours, ce sont des fluides comme les colles, les peintures, le béton avant qu’il se fige ; dans l’agroalimentaire, les yaourts, les ketchups, la mayonnaise, les gels douches aussi, voire le miel de montagne.

Mon travail porte sur les instabilités de texturation de couches minces de fluides non-newtoniens en écoulement. J’étudie comment un fluide comme de la colle se comporte lorsqu’elle est entre deux plaques et qu’on vient écarter ces plaques l’une par rapport à l’autre. Généralement, on va voir des fibrilles de colle, des petits défauts et concrètement, j’essaie de prédire ces instabilités ou la texturation qui va rester sur la surface.

Actuellement, je travaille sur trois expériences avec trois fluides différents : l’eau, un fluide newtonien, les colles qui sont dites visco-élastiques et, enfin, un gel qui est visco-élastique avec des propriétés de gélification au cours du temps. L’objectif est de formuler mathématiquement les résultats de mes expériences.

A côté, je regarde aussi les applications comme des pansements qu’on pourrait créer grâce à du biomimétisme. On s’inspire particulièrement de la nature, notamment des moules avec pour objectif de créer des colles biologiques, compatibles avec notre corps, moins invasives que des agrafes ou de la suture mais aussi plus hygiéniques. La chimie et la biologie ont déjà été étudiées donc au Cemef, on s’intéresse à la partie mécanique entre deux organes, notamment la déformation des tissus et la manière dont la colle va se déformer dans ces petites fissures, dans ces couches minces.

Une grosse partie de ce que je fais est très fondamental, mais il ne faut pas la mettre de côté car il y a une très grande ouverture et une très grande diversité de domaine qui est touché avec des domaines d’application très importants.

Comment avez-vous entendu parler des bourses de la Fondation ? Quelle aide avez-vous reçu ? Dans quel cadre avez-vous pu en bénéficier ?

J’ai entendu parler des bourses de la Fondation parce que d’autres doctorants ont pu partir à Stanford grâce à la Fondation. J’avais une opportunité qui se créait de pouvoir faire rayonner le laboratoire en allant aux États-Unis et je l’ai saisi. La Fondation m’a beaucoup aidé puisque j’ai reçu 3 500 € qui m’ont permis de financer mon séjour de recherche en novembre-décembre 2024, à Duke University en Caroline du Nord.

Pendant deux mois, j’ai rejoint le département de mécanique, dans l’équipe de Bavand Keshavarz. Bavand Keshavarz est spécialiste de la méthode, dite du chirp, de caractérisation des matériaux. Il a lui-même développé cette méthode pendant sa thèse puis son post-doc au MIT. Elle lui permet d’étudier des matériaux qui évoluent trop rapidement dans le temps, comme les gels, grâce à la caractérisation des modulations en amplitude et en fréquence qui nous permettent de récupérer des paramètres qu’on ne pouvait pas mesurer avant. Le laboratoire de rhéologie qu’il vient de fonder à Duke University permet de développer ses recherches. C’est une grande chance pour moi d’avoir pu travailler directement avec lui.

Grâce au chirp, on a une meilleure caractérisation des gels comme ceux utilisées pour faire des moulages dentaires et dont les propriétés sont envisagées pour faire de la soft robotics, mais avec beaucoup d’autres applications possibles. C’est très exploratoire parce qu’aujourd’hui on n’utilise pas encore ce gel pour des robots, mais on a des bonnes caractérisations du matériau et des premiers résultats qu’on va présenter lors d’une conférence à Lyon, mi-avril à l’AERC [Annual European Rheology Conference]. Un doctorant de Duke reprend d’ailleurs mes travaux et les approfondis pendant que je finalise mes résultats. Il y a une vraie dynamique.

La soft robotics consiste à utiliser des matériaux mous, doux, soft en anglais pour venir éventuellement épouser certaines formes, avoir une robotique moins mécanique, avec des mouvements plus fluides. On peut aller toucher des sensibilités qu’on ne pouvait pas toucher avec de la robotique qu’on qualifierait de solide.

La soft robotics est envisagée pour une robotique humanoïde, aux mouvements fluides, moins saccadés.

Test mécanique

Gautier Bardi (MS22) revient sur son expérience au Jet…

Gautier Bardi De Fourtou, élève du Mastère AIMOVE, a vécu une expérience unique au sein du Jet Propulsion Laboratory de la NASA. Un projet rendu possible grâce au soutien de la Fondation Mines Paris, qui accompagne chaque année des élèves en France comme à l’international.

“Grâce au soutien de la Fondation Mines Paris, j’ai pu concrétiser une opportunité unique de me rendre au Jet Propulsion Laboratory de la NASA pour y appliquer les connaissances en Intelligence Artificielle acquises lors du Mastère Spécialisé Intelligence artificielle et mouvement dans les industries et la création (AIMOVE). Ce programme nous a permis d’acquérir rapidement des compétences solides en Machine Learning appliquées à de nombreux domaines tels que l’art, l’analyse des mouvements et leur prédiction, la robotique et la médecine.

Ces compétences ont été essentielles pour mener à bien un premier projet de Physics-Informed Machine Learning, visant à prédire en temps réel les capacités de traversabilité des rovers lunaires. J’ai ensuite eu l’opportunité de contribuer à un second projet en computer vision, appliquant les méthodes développées durant le Mastère AIMOVE à l’analyse des images du satellite d’observation des eaux de surface SWOT. Ce projet a été un franc succès recevant le Technology Spotlight Award.

Ces expériences ont marqué une étape clé dans mon parcours et renforcé mon expertise à l’intersection de l’IA et de la physique appliquée à l’exploration spatiale. Je tiens à remercier tout particulièrement l’école des Mines et la Fondation Mines Paris pour son soutien, qui a joué un rôle déterminant dans la concrétisation de cette opportunité exceptionnelle.”

Mines Paris pour l’Océan : l’ingénierie bleue en action.

Créé par Franck Guarnieri, ce projet illustre l’engagement de l’Ecole dans le développement de solutions innovantes pour répondre aux enjeux cruciaux de l’exploration et de la préservation des océans.

L’exploration marine représente un défi de taille dans le milieu hostile des océans, avec des conditions extrêmes à aborder. Pourtant, les enjeux environnementaux actuels sont intrinsèquement liés aux écosystèmes marins et grands courants océaniques. Avec plus de 70% de sa surface recouverte d’eau, notre Planète bleue présente un terrain d’exploration infini pour des ingénieurs, engagés pour une transition durable.

L’urgence d’une ingénierie adaptée aux défis marins

Depuis le début des années 2000, les activités industrielles en mer se sont intensifiées, nécessitant une révision profonde de l’enseignement de l’ingénierie. Le projet Mines Paris pour l’Océan propose de repenser l’ingénierie non plus uniquement comme une science appliquée, mais comme un levier de solutions innovantes face aux défis contemporains, en intégrant pleinement la dimension écologique.

Un parcours éducatif novateur autour de l’ingénierie bleue

Mines Paris – PSL met en place une formation complète et progressive pour ses étudiants :

  • MIG Océan, une initiation dès la première année avec une formation générale de trois semaines dédiées à l’ingénierie, incluant des projets pratiques comme la détection de macroplastiques dans les océans via des images satellites.
  • Des visites de terrain à Toulon permettent aux étudiants de découvrir l’industrie maritime locale et de comprendre ses enjeux économiques et environnementaux.
  • UNDERWATER, un projet réalisé en deuxième année, favorisant la collaboration interdisciplinaire et l’innovation technologique. Depuis le lancement du projet, le nombre de participants ne cesse de croitre. Le projet s’appuie sur le développement et la production à grande échelle de robots sous-marins, spécialement conçus pour explorer des zones peu étudiées. Il vise à former les élèves à l’ingénierie marine pour explorer et préserver les ressources marines. Dans un premier temps, les élèves ont pu contribuer au développement de Victor, un robot sous-marin téléopéré (ROV) capable d’atteindre 300 mètres de profondeur. Équipé de caméras HD, sonar, capteurs et altimètre, il est conçu avec des technologies open source et l’impression 3D, pour une grande adaptabilité.

La Fondation Mines Paris a soutenu ce projet en 2022 avec un financement de 25 000 €, permettant l’achat des équipements nécessaires. Le robot est utilisé dans le cadre du projet UNDERWATER mais aussi pour des études en sûreté de fonctionnement. Une convention avec l’Office Français de la Biodiversité renforce son impact, notamment pour l’exploration du Parc Naturel Marin du Cap Corse et de l’Agriate.

Par la suite, le projet s’est doté de nouveaux robots avec d’autres fonctionnalités.

Retrouvez Victor, Annie, Wall-Y et autres robots sous-marins.

Former des ingénieurs responsables et conscients des enjeux écologique

Face aux risques environnementaux liés aux installations pétrolières et gazières, la formation inclut désormais une dimension écologique forte. L’utilisation de plastiques recyclés dans l’impression 3D et la prudence face aux impacts négatifs sont intégrées dans les projets étudiants. Un recensement exhaustif des espèces marines de la Méditerranée est également envisagé pour mieux comprendre les interactions au sein des écosystèmes.

Encourager l’innovation et la sensibilisation à la biodiversité marine

Les étudiants participent activement à des compétitions internationales, comme celle organisée à Monaco, dédiée à la protection des océans. Parmi les projets marquants :

  • Un bras robotique innovant ayant remporté un prix, démontrant la capacité des étudiants à concevoir des solutions technologiques avancées.
  • Un jeu éducatif sur les récifs coralliens, visant à sensibiliser les jeunes générations à la préservation des écosystèmes marins.

Des perspectives prometteuses pour l’économie bleue

Le projet explore également de nouvelles voies pour un transport maritime durable. Une thèse sur la décarbonisation du transport maritime est en cours, abordant les carburants verts et le transport à voile. La robotique sous-marine ouvre des opportunités de recherches encore peu exploitées, renforçant l’intérêt pour l’économie bleue.

Visioconférence avec Elie Hachem

La Fondation Mines Paris vous invite à revoir
la conférence de Elie Hachem
sur le thème

Anévrismes Cérébraux : Quand l’IA et la Simulation Numérique sauvent des vies

 

Anévrismes cérébraux : Quand l'IA et la Simulation
Numérique sauvent des vies

Les anévrismes intracrâniens touchent près d’un adulte sur trente dans le monde et représentent une pathologie complexe aux conséquences potentiellement dévastatrices. Leur rupture, cause majeure d’hémorragies cérébrales, entraîne un taux de mortalité de 50%, tandis que les survivants subissent souvent des complications invalidantes. Déterminer quels anévrismes nécessitent une intervention chirurgicale demeure une question clinique cruciale et non résolue. Par ailleurs, aucune preuve solide ne confirme la supériorité d’un type de stent sur un autre.

Dans cette présentation, nous exposerons une réponse innovante à ces défis grâce à une stratégie avancée, développée dans le cadre de l’ERC CURE, qui combine simulation numérique haute fidélité de l’écoulement sanguin et intelligence artificielle. Ce cadre unique vise à améliorer le diagnostic, à guider les décisions thérapeutiques personnalisées, et à réduire le lourd fardeau économique et social que cette pathologie impose aux systèmes de santé.

Elie Hachem

Elie Hachem est directeur du centre de recherche CEMEFUMR CNRS, et professeur de mécanique numérique à Mines Paris – PSL. Ses recherches portent sur le développement de méthodes numériques avancées pour la mécanique des fluides et leur couplage avec des approches d’intelligence artificielle. Il a effectué un long séjour en tant que professeur invité à Stanford University, où il a enrichi ses travaux par des collaborations internationales de premier plan.
Il a reçu de nombreuses distinctions professionnelles et académiques, notamment le IBM Faculty Award (2015), le prix Atos Joseph-Fourier (2019) pour la meilleure équipe dans le domaine du calcul de haute performance, et le IACM Fellow Award (2020) en mécanique numérique.
Il est actuellement titulaire d’une bourse ERC, axée sur le couplage de l’interaction fluide-structure et l’apprentissage renforcé pour le contrôle des anévrismes intracrâniens non rompus.

 

Visioconférence avec Franck Guarnieri et Sébastien Travadel

La Fondation Mines Paris vous invite à revoir
la conférence de Franck Guarnieri et Sébastien Travadel,
sur le thème

Mines Paris pour l’Océan : un ambitieux projet pédagogique pour former les élèves ingénieurs de Mines Paris – PSL à l’Ingénierie Bleue.

Franck Guarnieri et Sébastien Travadel

Franck Guarnieri et Sébastien Travadel, enseignants-chercheurs au Centre de recherche sur les Risques et les Crises (CRC) de Mines Paris PSL, coauteurs de l’ouvrage « Petite philosophie de l’ingénieur » (PUF, 2021), coaniment « Mines Paris pour l’Océan », un ambitieux projet pédagogique visant à sensibiliser les élèves du cycle Ingénieur Civil à l’Ingénierie Bleue, qui constitue le volet technologique de l’Économie Bleue. Ce programme propose aux élèves de s’engager activement dans des enjeux planétaires majeurs, en mobilisant leurs compétences pour relever des défis d’ingénierie spécifiques aux environnements marins. Ce programme permet aux élèves de se former aux enjeux cruciaux d’une ingénierie responsable tout en travaillant aux côtés d’acteurs de référence dans la recherche et la protection des milieux marins, enrichissant ainsi leur formation d’ingénieur et leur sens des responsabilités écologiques.

Rencontre avec Aurélie Jean

La Fondation Mines Paris et Mines Paris – PSL vous invitent à la conférence 

JEUDI 7 NOVEMBRE à 18H30

Le code a changé ? Nos vies au temps des algorithmes

Une rencontre avec Aurélie Jean (Docteur 2009),

Docteure en sciences, entrepreneure et autrice, 

spécialiste en modélisation algorithmique

 

Elle présentera son parcours, ses travaux sur les algorithmes et leurs usages dans nos sociétés contemporaines.

La conférence donnera lieu à la dédicace, des deux derniers livres de l’autrice Le code a changé : Amour et sexualité au temps des algorithmes et Les Algorithmes aux éditions Que sais-je ?

Aurélie Jean

Après une thèse au CMAT, encadrée par Dominique Jeulin et Samuel Forest, Aurélie Jean navigue depuis près de vingt ans dans la modélisation algorithmique appliquée à de nombreux domaines. Aurélie vit et travaille entre les USA  et la France, où elle partage son temps entre le conseil, la R&D, l’écriture et l’enseignement continu. En 2016, elle fonde une agence de conseil et de développement en algorithmique et en data. Elle dirige également une deep tech startup en intelligence artificielle dans le domaine de la détection précoce du cancer du sein. Aurélie est chercheuse invitée à la Hult Business School et pour The Digital Economist. Aurélie est l’autrice de plusieurs essais à succès et chroniqueuse pour plusieurs médias. 

Visioconférence avec Franck Aggeri

La Fondation Mines Paris vous invite à revoir
la visioconférence sur le thème
“L’économie circulaire, un modèle véritablement soutenable ?”

Franck Aggeri

Professeur de management à Mines Paris – PSL et chercheur au CGS-i3, UMR CNRS 9217, il est co-directeur de la chaire Mines Urbainesresponsable de la formation doctorale en sciences de gestion à Mines Paris et codirecteur de l’école doctorale SDOSE. Ses recherches et ses enseignements portent sur l’instrumentation de gestion, la RSE, la transition bas carbone et l’économie circulaire. Il est membre du comité de rédaction de la revue française de gestion et chroniqueur sur le management et l’entreprise pour Alternatives Economiques. Il a publié en 2023 deux ouvrages : L’innovation, mais pour quoi faire ? Essai sur un mythe économique, social et managérial aux éditions du Seuil et L’économie circulaire (avec Rémi Beulque et Helen Micheaux) aux éditions La Découverte, collection Repères.