Étudiants

Ingénierie solaire et immersion culturelle au Japon

Grâce à sa bourse de mobilité, la Fondation Mines Paris permet à des étudiants de s'enrichir culturellement et professionnellement à l'international. C'est le cas d'Elie Boutros, étudiant à Mines Paris - PSL, qui a effectué une mobilité de quatre mois au Japon.

Présentation et contexte de la mobilité

Je m’appelle Elie Boutros, étudiant en troisième année du cycle ingénieur ISUPFERE à Mines Paris – PSL. Dans le cadre de ma formation, j’ai effectué une mobilité internationale de quatre mois au Japon, de juillet à octobre 2025, au sein de Shizen Engineering, une entreprise du groupe Shizen Energy, engagée dans la conception et la construction de centrales photovoltaïques à travers le pays.

Un stage au cœur de l'ingénierie solaire

Au sein du département « Engineering », j’ai participé à la conception électrique de projets solaires à grande échelle. Une partie de mon travail consistait à concevoir les « DC Drawings » sur AutoCAD : des plans techniques détaillant l’agencement des racks de modules solaires, des onduleurs, des câbles électriques et de l’ensemble des composants du parc solaire, en fonction des spécifications techniques et des caractéristiques du terrain. Ces schémas servent ensuite à simuler la production et à estimer la performance énergétique de la centrale solaire avant sa construction. 

Un projet d'automatisation innovant

Une autre partie majeure de mon stage a porté sur un projet d’automatisation que j’ai initié au sein de l’équipe.

L’objectif : simplifier et accélérer plusieurs tâches du processus de dessin, auparavant sous-traitées à un prestataire externe. J’ai donc développé une série d’outils en langage AutoLISP (AutoCAD), permettant d’exécuter automatiquement des opérations chronophages, comme la numérotation des composants, le calcul et la classification des pentes Est/Ouest de chaque rack solaire, ou encore le placement intelligent des câbles et la vérification de cohérence du dessin. Cette initiative a permis de réduire considérablement le temps de production, d’internaliser une compétence clé et de diminuer les coûts de prestation. J’ai également rédigé un manuel d’utilisation pour faciliter la prise en main de ces outils, aujourd’hui utilisés dans plusieurs projets de Shizen.

Voir l’impact concret de ce travail sur l’efficacité de l’équipe, et recevoir la reconnaissance de mes collègues japonais, a été pour moi une grande fierté et une belle illustration du rôle de l’ingénieur : rendre les systèmes plus simples, plus fiables et plus performants.

Une expérience humaine et culturelle unique

Sur le plan humain, cette expérience m’a vraiment marqué. Travailler au Japon, c’était découvrir une autre manière d’aborder le travail, très différente de ce que j’avais connu en France, plus silencieuse, plus respectueuse, mais d’une rigueur impressionnante. J’ai appris à observer avant de parler, à collaborer avec subtilité, et à comprendre que parfois, l’efficacité se construit dans le calme, la précision et la constance.

En dehors du travail, j’ai pu explorer le pays : Tokyo, Kyoto, Osaka, Nara… autant de villes où tradition et modernité coexistent au quotidien. Je garde en mémoire le lever de soleil sur le Mont Takao, la sérénité des temples de Kyoto et la présence apaisante de la nature, même au cœur des grandes villes. Cette philosophie d’équilibre entre technologie et environnement a enrichi ma vision du métier d’ingénieur en énergie.

La bourse : un tremplin vers l'autonomie et la découverte

La bourse de mobilité de la Fondation Mines Paris a été un véritable tremplin pour vivre pleinement cette expérience. Au-delà du soutien financier qu’elle m’a apporté, elle m’a offert la liberté d’esprit nécessaire pour me concentrer sur mon travail, m’intégrer dans un environnement exigeant et profiter pleinement de ma vie sur place. Sans cette aide, l’expérience aurait sans doute été plus stressante et moins immersive.

Je sais aujourd’hui à quel point ce type de soutien peut faire la différence, et j’espère à mon tour, pouvoir un jour aider d’autres étudiants à vivre une expérience de mobilité internationale aussi formatrice, qui, au-delà des apprentissages, ouvre l’esprit, forge le caractère et élargit les horizons.

Un mot pour les donateurs

Je tiens à remercier chaleureusement les donateurs de la Fondation pour leur générosité et leur confiance envers les étudiants. Leur soutien ne se limite pas à une aide matérielle, il permet à chacun de nous d’élargir sa vision du monde, de s’ouvrir à d’autres cultures et de renforcer son ambition d’ingénieur citoyen.

Ce stage au Japon restera pour moi une étape clé, à la croisée de la technique, de l’humain et de la découverte de soi.

De belles images du voyage

La mobilité en S4, retour sur un semestre académique…

Julie Boyer, ingénieur civil P23 à Mines Paris - PSL, a effectué un semestre d'échange académique au Chili au sein de la Pontificia Universidad Católica grâce à la bourse de mobilité de la Fondation.

Présentation et contexte de la mobilité

Je m’appelle Julie Boyer et j’ai eu l’occasion de réaliser un semestre d’échange au Chili au cours de ma deuxième année aux Mines de Paris. J’ai intégré l’École en septembre 2023, après deux années de classe préparatoire aux grandes écoles d’ingénieurs. Je suis donc partie en février 2025 pour Santiago, capitale du Chili, afin d’y effectuer un semestre d’échange académique au sein de la Pontificia Universidad Católica de Chile.

Enseignements suivies les plus marquants

Cette expérience m’a permis de suivre des enseignements complémentaires à ceux proposés aux Mines. J’ai notamment choisi un cours de biologie végétale, qui m’a ouvert à d’autres thèmes et domaines scientifiques. J’ai aussi pu approfondir certains enseignements des Mines en suivant, par exemple, un cours intitulé Ingeniería Ambiental (ingénierie environnementale). Il m’a permis d’aborder les problématiques énergétiques sous un autre angle, de comprendre les enjeux propres au Chili et d’en tirer une vision plus globale. De la même manière, mon cours sur l’intelligence artificielle a été particulièrement enrichissant : il m’a apporté une perspective différente sur le sujet et m’a permis d’acquérir de nouvelles compétences.

Apports de la mobilité sur la formation et le plan personnel

Cette mobilité m’a offert une réelle ouverture d’esprit sur les domaines que j’étudie et a confirmé mon envie de poursuivre un parcours orienté vers la data, et plus particulièrement l’intelligence artificielle.

J’ai aussi profité de ce séjour pour améliorer mes compétences linguistiques. On dit souvent que l’immersion est la meilleure manière d’apprendre une langue : suivre des cours en espagnol, vivre dans une ville hispanophone, devoir communiquer au quotidien… tout cela m’a permis de progresser beaucoup plus vite que je n’aurais pu le faire en restant en France.

Au-delà de l’aspect académique, ce semestre m’a fait grandir personnellement. Découvrir une nouvelle culture, une autre façon de penser et d’aborder les problèmes a été extrêmement enrichissant. En sortant de ma zone de confort, j’ai appris énormément sur moi-même et j’ai rencontré des personnes qui ont marqué mon séjour.

Le rôle essentiel de la bourse

La bourse m’a permis de profiter pleinement de mon échange en m’allégeant d’un poids financier important. Le coût du voyage est élevé, et la vie sur place n’est finalement que légèrement moins chère qu’en France. Sans cette aide, j’aurais dû faire beaucoup plus de compromis. 

Un mot pour les donateurs

Mon semestre à l’étranger a été l’une des meilleures périodes de ma vie. En six mois, j’ai appris, exploré, rencontré, découvert… et je me suis émerveillée presque tous les jours. Cette expérience m’a profondément marquée et je recommande à chaque étudiant de vivre ce « pas de côté » dans son parcours.
Ce temps loin du rythme intense des Mines m’a permis de prendre du recul, de respirer, et même de redonner du sens à ce que je fais. Je suis vraiment reconnaissante d’avoir eu la chance de partir. Merci de permettre à d’autres étudiants d’avoir, eux aussi, l’opportunité de découvrir le monde et de se découvrir eux-mêmes.

Bourse de vie : Cristian Junior INCACUTIPA PEREZ

Cristian Incacutipa Perez a eu l'opportunité d'intégrer Mines Paris - PSL grâce à la Fondation et son programme de bourse de vie. Cette bourse permet à tous les étudiants de se concentrer pleinement sur leur scolarité.

Peux-tu te présenter ? Pourquoi as-tu choisi de rejoindre Mines Paris – PSL ?

Je m’appelle Cristian Incacutipa, j’ai 24 ans et je viens d’une ville située au sud du Pérou. Mon parcours universitaire a commencé à Lima, la capitale du Pérou, à l’Université Nationale d’Ingénierie, où j’ai étudié l’ingénierie mécanique pendant quatre ans et demi. J’ai eu l’opportunité d’intégrer Mines Paris – PSL grâce au programme de double diplôme existant entre mon université d’origine au Pérou et l’école.

J’ai choisi de rejoindre Mines Paris en raison du prestige de ses centres de recherche et de la qualité académique reconnue de l’établissement, attestée par sa position dans les classements nationaux et internationaux. De plus, j’ai eu la chance de bénéficier des excellentes recommandations d’anciens étudiants de mon université ayant déjà suivi le même programme. 

Une fois que tu auras ton diplôme, que souhaites-tu faire ?

Je suis actuellement en troisième année à l’école, dans l’option Ressources Minérales pour la Transition, ce qui a éveillé mon intérêt et m’a permis d’acquérir les compétences nécessaires pour évoluer dans le secteur minier. J’aimerais occuper des postes liés à la gestion de projets ou au conseil stratégique.

Comment as-tu entendu parler des bourses et de la Fondation ?

J’ai appris l’existence des bourses grâce à mes camarades déjà engagés dans le programme de double diplôme, ainsi que par les informations disponibles sur les sites web de l’école. Après avoir été admis à Mines Paris, j’ai reçu un courriel qui m’a permis d’en savoir davantage sur la bourse de la Fondation Mines Paris.

Peux-tu préciser les aides que tu as reçues ?

La bourse de la Fondation Mines Paris me permet de couvrir mes dépenses de logement, d’alimentation, de médicaments et de transport. Cela me donne la sécurité nécessaire pour subvenir à mes besoins essentiels et me consacrer pleinement à mes études, sans avoir à me soucier de trouver un emploi ou une autre source de revenus pour financer ces dépenses. De plus, le statut d’étudiant boursier me permet de bénéficier de tarifs réduits au restaurant universitaire du CROUS ainsi que d’un abonnement à tarif préférentiel pour le service de vélos Vélib’.

Retour sur un semestre de recherche en quantique à…

Samy Smail, étudiant à Mines Paris – PSL a effectué un semestre d’échange à l’université de Tokyo, au sein du département d’Engineering. Ce séjour lui a permis une ouverture académique, humaine et culturelle dont il ressort profondément enrichi et reconnaissant.

Vie académique et enseignements suivis

Durant ce semestre, j’ai suivi plusieurs cours aussi variés qu’enrichissants. Parmi eux, le cours de japonais a tenu une place particulière. Il m’a permis de mieux m’intégrer, de comprendre la culture locale et d’échanger plus naturellement avec mes camarades et les locaux. 

Au fil des semaines, j’ai acquis les bases de la langue : je pouvais lire, comprendre et entretenir des conversations simples. Cette progression a transformé mon expérience sur place au fur et à mesure de mon semestre, rendant chaque interaction plus authentique et gratifiante !

Photo de classe pour mon premier cours de Japonais

Sur le plan scientifique, j’ai choisi des cours en cohérence avec mes centres d’intérêt autour de la data science, de l’intelligence artificielle (Advanced Data Analysis, Natural Language Processing) et de la bio-ingénierie (Biocybernetics and Mechatronics for Human and Engineering), mais également un cours de sciences sociales portant notamment sur la gestion du risque en société, souvent replacée dans le contexte nucléaire japonais.

Ces enseignements ont été passionnants, tant par leur contenu que par la qualité des échanges avec les enseignants et étudiants. Ils m’ont également permis de prendre conscience de la solidité des fondements techniques et scientifiques reçus au cours de ma scolarité et aux Mines, qui m’ont donné une grande aisance dans la compréhension et l’analyse des cours.

J’ai souvent remarqué que mes camarades étrangers étaient surpris par notre polyvalence (notamment la capacité à choisir des cours avancés dans un catalogue varié qui est assez surprenante pour eux qui sont plus habitués à avoir une majeure) et rigueur, preuve de l’excellence de la formation dispensée à l’École. 

Expérience de recherche : le Nakamura Lab.

J’ai eu la chance d’être accueilli au sein du Nakamura Lab., un laboratoire de recherche spécialisé en informatique quantique.

Cette immersion dans le monde de la recherche expérimentale m’a permis de découvrir concrètement le travail autour des circuits supraconducteurs et de dialoguer avec des chercheurs de haut niveau. C’était une opportunité rare d’explorer les aspects expérimentaux d’un domaine que je connaissais surtout sous l’angle théorique !

Le professeur responsable du laboratoire s’est d’ailleurs beaucoup intéressé à mon parcours. Nous avons eu plusieurs discussions sur le système éducatif français et sur l’École des Mines, dont il avait entendu parler. Il m’a en effet confié qu’il connaissait bien des chercheurs affiliés à notre école – un moment de fierté, car j’ai pu constater le rayonnement international des Mines !

Vie sociale et culturelle

Au-delà des cours, ce semestre a été avant tout une expérience humaine.

J’ai eu la chance de rencontrer des étudiants japonais, mais aussi des étudiants étrangers venus du monde entier. Ces rencontres, que ce soit à travers les cours, les activités étudiantes ou la vie quotidienne, ont été formatrices et inspirantes. Elles m’ont permis de mesurer la diversité des parcours, la richesse des points de vue et la valeur du dialogue interculturel.

La culture japonaise m’a profondément marqué : le respect d’autrui, la rigueur et le sens du collectif sont des valeurs omniprésentes, que j’essaie encore d’appliquer au quotidien. Les repas partagés, les discussions informelles et les découvertes culinaires ont contribué à rendre cette immersion encore plus complète. 

Les liens tissés sur place restent précieux : je garde contact avec plusieurs amis rencontrés à Tokyo, qu’ils soient japonais ou internationaux !

Ces échanges continuent aujourd’hui à nourrir ma curiosité et à renforcer mon ouverture d’esprit.

Découvertes et expériences personnelles

Les week-ends étaient pour moi synonymes d’évasion et de découverte.
Passionné de randonnée, j’ai parcouru de nombreux sentiers autour de Tokyo, souvent facilement accessibles en transports en commun !

Le point culminant de cette aventure a sans doute été l’ascension du mont Fuji, un moment inoubliable. Au lever du soleil, vêtu fièrement de mon pull des Mines de Paris, j’ai ressenti à la fois la fierté d’appartenir à cette école et la gratitude envers la Fondation qui a rendu tout cela possible !

Photo prise au sommet du mont Fuji au lever du Soleil

Bilan et remerciements

Avant d’intégrer Mines Paris, je n’aurais jamais imaginé vivre une telle aventure au bout du monde.

Ce semestre à l’Université de Tokyo restera comme l’une des plus belles expériences de ma vie.
Il m’a permis de réaliser un rêve d’enfance, d’approfondir mes connaissances scientifiques, de découvrir une culture fascinante et de grandir humainement. Je reviens en France plus mûr, plus curieux, et plus confiant dans mes capacités à évoluer dans un contexte international.

Je tiens à remercier une nouvelle fois la Fondation Mines Paris et les alumni pour leur générosité et leur engagement. Sans cette bourse, rien de tout cela n’aurait été possible : ni l’immersion culturelle, ni la découverte académique, ni les rencontres inoubliables. Merci à la Fondation et à l’école, par cette bourse et cette opportunité, d’avoir rendu ce que j’imaginais inaccessible une réalité que j’ai vécue, mais que j’ai toujours du mal à réaliser.

Je mesurais tout au long de mon semestre, et je mesure toujours aujourd’hui la chance que j’ai eue, et je souhaite à mon tour contribuer un jour à permettre à d’autres étudiants de vivre des expériences similaires.

Ce séjour m’a offert une perspective nouvelle sur ma formation, sur la recherche et sur moi-même. Je reviens en France avec le sentiment d’avoir grandi, d’avoir représenté dignement mon école et d’avoir vécu une aventure humaine et scientifique inoubliable !

Au gré du van

Achille Bertucat (IC P22) a profité de sa césure pour expérimenter un mode de vie plus sobre en énergie en partant plusieurs mois en itinérance. Entre pannes, météo capricieuse et entraide, il a tiré de cette expérience des enseignements précieux.

Pouvez-vous vous présenter ? Quel a été votre parcours à l’École ?

Je m’appelle Achille Bertucat, actuellement élève en 3A du cycle IC. Je suis l’option Ingénierie des systèmes énergétiques comme spécialisation de master.
Pendant ma césure, après un stage dans les infrastructures électriques au sein d’un grand groupe, j’ai voulu vivre une autre expérience, une sorte d’aventure personnelle avec en fond toute une réflexion sur les enjeux d’énergie contemporains. 

Pouvez-vous nous décrire votre projet ? Qu’est-ce qui vous a motivé à le lancer ?

Pour cela, j’ai aménagé un van, un petit Renault trafic de 2013 avec lequel je suis parti en itinérance sur les routes d’Europe. J’ai toujours été un grand adepte de la sobriété, et avec ce périple, je voulais en déterminer les limites. En ville, nous avons presque tout à portée de main, l’électricité, l’eau courante, le gaz, presque à profusion si ce n’est que la limite devient un argument financier. J’ai donc réalisé un aménagement sommaire, priorisant l’isolation thermique et ajoutant quelques meubles construits avec des planches de bois trouvées dans mon garage. J’ai voulu récupérer plutôt que d’acheter, pour un résultat similaire. Mes équipements étaient tout aussi simples : une batterie de 500 Wh et un panneau solaire de 110 W pour être indépendant en électricité, un réchaud à gaz de camping pour la cuisine. Je n’ai pas pris de réfrigérateur ou de chauffage pour une question de dimensionnement du système électrique ou simplement de place. Enlevons du confort ! Avec ce manque d’accessoires je voulais voir ce qui allait me manquer le plus, distinguer le nécessaire et le superflu. 

Pouvez-vous nous décrire le parcours de votre voyage ? Comment l’aviez-vous choisi ? Avez-vous pu le suivre ? 

J’ai voulu faire un tour d’Europe, de manière un peu trop ambitieuse, en commençant par la péninsule ibérique puis les Balkans et l’Europe de l’Est. J’avais choisi ces destinations pour les communautés et les modes de vies qu’elles hébergent. La météo était aussi un facteur décisif pour éviter les climats extrêmes et tenter de rester dans les zones douces. Je ne m’étais pas rendu compte à première vue de la longueur du trajet que j’ai finalement grandement écourté. J’ai aussi pris du retard dans mon planning avec des pannes mécaniques en Espagne et, arrivé en Slovénie, j’ai choisi de faire demi-tour, d’abandonner les Balkans pour prendre plus de temps en France. 

Quels enseignements tirez-vous de votre projet ?

J’ai commencé mon voyage en mars et l’ai fini en septembre. Tout ce temps j’ai connu le froid intense, recroquevillé dans mon duvet 0°, puis les canicules andalouses. Les journées interminables de pluie ou la sécheresse. En quelque sorte, je me suis mis à la merci de mon environnement et ses caprices, mais je savourais d’autant plus les petits plaisirs ; un repas chaud en hiver, l’ombre d’un arbre en été. Je me suis rendu compte à quel point les ressources sont précieuses. Par exemple, la météo m’a empêché de recharger mes batteries avec mes panneaux solaires pendant deux semaines, je me retrouvais alors à rationner l’électricité par-ci, l’eau par là. Je n’avais pas de surplus, seulement des marges de sécurité que je prenais soin de ne pas dépasser, mais ce n’est pas évident. Plus d’une fois j’ai dû demander de l’aide à l’extérieur, et j’en ai donné tout autant. C’est une des belles choses que m’a montré ce voyage, la solidarité des gens, qui rend toute entreprise plus facile et agréable. Je me dois aussi de parler des communautés qui m’ont accueilli, en particulier une ferme au Portugal où je suis resté deux semaines. Dans ce projet plus sédentaire que mes habitudes, j’ai apporté mes connaissances énergétiques pour refaire le système électrique, poser de nouveaux panneaux solaires. J’aime beaucoup le fait de devoir se pencher sur un projet en particulier, et j’y vois là le rôle des ingénieurs pour les futures générations. Chaque système a ses spécificités, il serait dommage de seulement proposer des solutions générales. Dans cette ferme, les panneaux solaires produisaient beaucoup trop d’énergie en journée, et elle était perdue par manque de stockage. Il y avait également un manque d’eau pour l’irrigation des cultures. Je n’invente pas l’eau chaude (sens propre et figuré) mais les deux problèmes trouvaient une solution commune dans le stockage gravitaire de l’électricité via des réservoirs d’eau en haut des collines. J’y vois presque une forme d’art dans ce bricolage peu rassurant, une manière aussi de prolonger la vie des batteries de voitures. 

Quelles sont les prochaines étapes après votre retour ? 

Le retour à une vie plus normale s’est plutôt bien passé. Je profite désormais du luxe d’une douche ou d’une cuisine. Je suis beaucoup plus attentif aux ordres de grandeur de nos consommations, et essaie de sensibiliser autour de moi à ce sujet. Je n’y avais pas forcément réfléchi avant le voyage et raisonne désormais avec comme unité de mesure la charge complète d’un téléphone (la consommation moyenne d’électricité journalière du périple). Un téléphone, 6 étages en ascenseur ou 6 heures avec un éclairage LED consomment autant. Faire bouillir 1L d’eau revient à 6 ou 10 téléphones. Pourtant nous faisons ces différents gestes avec la même simplicité, sans forcément y penser. Maintenant j’y pense, et je me demande souvent avant de faire quelque chose : est-ce que ça vaut le coup ?

Par ailleurs je compte projeter un film sur ce voyage et continuer d’en parler autour de moi. Mon plus grand succès serait de voir des gens inspirés par cette histoire et de les voir faire un premier pas, toujours le plus compliqué, d’oser voir ailleurs. 

En quoi le soutien de la Fondation a-t-il été déterminant pour la réalisation de votre projet ? 

Il y a bien sur l’aspect financier, pour lequel la Fondation m’a beaucoup apporté, surtout avec les problèmes de mécaniques vite onéreux. J’y vois aussi une démarche moins matérialiste : le support de la Fondation dans ce projet m’a convaincu de sa légitimité. Je suis heureux de pouvoir compter sur eux aujourd’hui pour m’aider à porter mon message, avec l’enthousiasme qui leur est propre. C’est une manière de me rendre compte que mon témoignage n’est pas si ridicule. Grâce à eux je vois tout un tas d’autres projets se mettre en place, et cela me ravit d’apporter ma pierre à l’édifice, d’avoir une visibilité et de montrer ce que les élèves de l’école peuvent entreprendre en parallèle de leurs études académiques.

Expédition Fréole – Le rôle crucial des océans dans…

Je m’appelle Raphaël, je suis étudiant en césure à Mines Paris – PSL dans le Cycle Ingénieur civil et j’entame à partir de janvier 2026 le projet Expédition Fréole! 

L’Expédition Fréole est un projet que j’ai créé dans un objectif de soutien à la recherche scientifique et de sensibilisation sur le rôle crucial des océans dans la régulation du climat. Le projet comporte deux volets :

  • Une traversée en voilier de six mois, de janvier à juillet 2026, entre Ushuaïa et Marseille. Le bateau (OVNI 435) sera aménagé en station scientifique mobile, en partenariat avec des laboratoires engagés dans la recherche sur le climat. Cette campagne scientifique en mer permettra donc de transmettre aux chercheurs des données in-situ utiles à la validation/calibration de leurs modèles.
  • La réalisation d’un documentaire grand public, destiné à faire découvrir et sensibiliser à l’importance des écosystèmes marins dans l’équilibre du climat ! Ce documentaire sera réalisé grâce à la participation de plusieurs experts que j’ai eu l’occasion de rencontrer dans la préparation du projet et sera illustré par les images de ma traversée.

Vous pourrez suivre mes aventures sur le compte instagram créé pour l’occasion :

Le récit de Simon Lamaze au tournoi d’échecs Open…

Depuis deux ans, se déroule en juillet, le plus fort tournoi d’échecs Open organisé en France : le Trophée Dole à Aix-en-Provence. Certains des meilleurs Juniors de la planète ainsi que des Grands-Maîtres extrêmement expérimentés y participent, on pouvait par exemple cette année croiser Jorden van Foreest, néerlandais vainqueur en 2022 d’un des plus forts tournois du monde ou encore encore Pavel Eljanov, membre du Top 50 monde.

Au cœur de cette compétition, nous retrouvons Simon Lamaze, élève Ingénieur civil P24 à Mines Paris – PSL.

 Suivez les aventures de Simon Lamaze au championnat d’échecs Open 2025 !

Témoignage de Simon Lamaze, ICiv P24

Un début de tournoi convaincant

Durant le tournoi, je résidais avec deux membre de mon Club, le Maître international Rémy Degraeve et le jeune joueur Antoine Charlier. Nous avions pris un studio dans un village situé à 20 minutes d’Aix-en-Provence, Lambesc. Le cadre était très agréable et les températures parfaitement soutenable comparées à la chaleur caniculaire de l’année précédente.

Sur la ligne de départ de ce tournoi très relevé, je partais 53ème sur 300 joueurs, tous ayant un classement elo supérieur à 2100. Dans un open de ce niveau, il n’y a pas de ronde de repos. J’ai bien commencé le tournoi, avec deux victoires convaincantes contre des adversaires un peu moins bien classés. Pour la 3ème ronde, je jouais mon premier gros test du tournoi, un Grand Maître ouzbek de mon âge, sur la montée, Mukhiddin Madaminov. La partie commence difficilement et je suis rapidement en mauvaise posture, mais je trouve des ressources intéressantes et parviens à revenir dans la partie, qui se conclut sur un match nul.

Pour la 4ème ronde, je joue encore un fort adversaire, le Grand-Maître américain Brandon Jacobson. A nouveau, dès le début de partie, il parvient à prendre le dessus, et je me retrouve en défense pendant toute la partie. Toutefois, je parviens encore une fois à trouver les ressources, mon adversaire fait quelques erreurs, et c’est finalement lui qui proposera le match nul après 5 heures de combat acharné, que j’accepterai sans hésiter.

Une fin de tournoi compliquée

Ensuite commença la partie la plus difficile de mon tournoi : à la 5ème je perds une partie douloureuse contre un Grand Maître israélien de classement similaire à ceux de mes précédents adversaires, Ido Gorshtein. La partie avait débuté beaucoup plus calmement, mais son expérience a fait la différence dans la fin de partie. La 6ème ronde a été très chaotique contre un jeune joueur Indien, et j’ai même, après des chances ratées au début de la partie, été chanceux de m’en tirer avec le match nul. A ce moment-là , avant la ronde 7, je faisais encore un bon tournoi, et j’affronte un Polonais de mon âge, Jakub Chyzy, que j’avais déjà rencontré il y a 3 ans au Championnat d’Europe Jeunes d’Antalya en 2022, une partie que j’avais perdu de manière très douloureuse.

Lors des 25 premiers coups, je surclasse complètement mon adversaire dans une partie assez fermée, et j’obtiens un avantage positionnel écrasant. Mon adversaire tente son dernier piège…

Dans la position du diagramme, mon adversaire joue e6, tendant un piège vicieux. Et je tombe dedans ! Je prends sa tour en f1, pensant forcer la reprise car j’attaque sa dame, après quoi j’aurai une position gagnante. Cependant, mon adversaire joue exd7, un coup intermédiaire brillant, laissant sa dame en prise, que j’avais complètement raté ! Après ce coup j’ai perdu tout mon avantage et je suis même sur la défensive, et mon adversaire m’a ensuite complètement surclassé. Une défaite sans nul doute très douloureuse.

Lors de la 8ème ronde , légèrement démotivé, j’affronte une jeune Russe en pleine progression, Iren Lyutsinger. Je me concentre toutefois pour essayer de bien finir le tournoi, et je gagne une partie convaincante, malgré quelques erreurs en milieu de jeu. Lors de la dernière ronde, j’affronte un jeune français de 14 ans, que j’apprécie beaucoup pour avoir été son coéquipier en équipe de France Jeunes, Félix Borne. Félix me surclasse complètement dans le début de partie, et est même gagnant au bout de 15 coups. Toutefois je parviens à défendre et revenir dans la partie, avant de faire une nouvelle erreur et de redevenir perdant. Je trouve alors une nouvelle idée, et je sacrifie une Tour pour trouver du contre-jeu avec de forts pions passés. Cette idée me permet d’obtenir un match nul chanceux dans une dernière partie difficile.

Au final, le tournoi est légèrement décevant, je finis 90ème avec 5 points sur 9 dans ce très fort tournoi, remporté par le Grand-Maître International indien Iniyan avec 7,5. J’ai toutefois pu gagner beaucoup d’expérience lors des rencontres contre les Grands Maîtres !

Je remercie tout particulièrement la Fondation Mines Paris pour cette opportunité, pour son soutien, ainsi que mon Club Marseille Échecs.

Bourse de Vie : témoignage de Bryan Gutierrez

A travers son programme de bourses de vie, la Fondation permet à tous les étudiants talentueux de venir étudier à Mines Paris – PSL et de se concentrer sur leur scolarité. Prenons l'exemple de Bryan Gutiérrez, ingénieur civil P24 à Mines Paris - PSL.

Peux-tu te présenter ? Pourquoi as-tu choisi de rejoindre Mines Paris – PSL?

Je m’appelle Bryan Gutiérrez et je viens de l’Université Nationale d’Ingénierie au Pérou. Cette année, j’ai intégré la deuxième année du cycle d’ingénieur civil à Mines Paris, dans le cadre du partenariat entre les deux institutions. Après avoir été admis dans trois écoles d’ingénieurs françaises, j’ai choisi Mines Paris pour son prestige et sa capacité à former des ingénieurs généralistes, capable de relever les défis de demain.

Une fois que tu auras ton diplôme, que souhaites-tu faire? 

Mon objectif est de devenir ingénieur systèmes dans le secteur de la défense, en contribuant à des projets innovants au sein d’entreprises comme Safran ou Thales.

Comment as-tu entendu parler des bourses de la Fondation? 

J’ai découvert l’existence des bourses de la Fondation grâce à ma lettre d’admission, qui précisait mon éligibilité. L’aide financière reçue couvre mes besoins essentiels, notamment en logement et en alimentation. Sans ce soutien, mes études à Paris auraient été pratiquement impossibles. 

Peux-tu préciser les aides que tu as reçues? En quoi ont-elles changé ton quotidien ou ta manière d’aborder tes études? 

La Maison des Mines constitue également un appui précieux : elle favorise l’intégration des étudiants tout en proposant une solution de logement abordable en plein cœur de Paris.

Je suis profondément reconnaissant envers la Fondation et l’ensemble de ses donateurs.

Une nouvelle promotion d’Ingénieurs en énergétique

Mines Paris – PSL forme les futurs ingénieurs capables de concevoir, installer, exploiter et maintenir des installations énergétiques incluant les énergies renouvelables et les meilleures techniques disponibles dans les secteurs du bâtiment et de l’industrie.

Le cycle ISUPFERE a vu le jour en 1992 et forme depuis plus de 30 ans des ingénieurs en énergétique. A travers l’apprentissage, nos élèves peuvent mettre en application sur le terrain, les enseignements prodigués pendant leurs cours. Chaque année, nous accueillons une vingtaine d’apprenants qui nous rejoignent pour trois ans. Ces promotions resserrées nous assurent un suivi personnalisé de l’apprenti en entreprise.

Cette formation est également disponible pour des profils qui cherchent à valoriser les compétences acquises pendant leur vie professionnel et bénéficier du titre d’ingénieur après deux ans de formation continue (professionnalisante).

Découvrez les parcours passés de nos étudiants en apprentissage à la rentrée 2025.

En première année : 18 élèves

En deuxième année : 17 élèves

En troisième année : 14 élèves

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