Ecole engagée : Cahier Vert

1 décembre 2020
Fondée en 2003, Cahier Vert est une association, créée par des élèves du cycle Ingénieur Civil pour aider les jeunes issus de milieux modestes. Les membres de Cahier Vert travaillent avec des élèves en collège, lycée et en classe préparatoire. Dans les collèges, leur rôle est de présenter le métier d’ingénieur et montrer des exemples concrets de réalisations. Au lycée et en classe préparatoire, il s’agit de montrer aux élèves qu’ils sont capables d’intégrer une grande école et de les accompagner dans leurs projets.
Le tutorat proposé par les élèves de MINES ParisTech, notamment au lycée, s’articule donc autour de l’aide aux devoirs, pour que les jeunes aient le niveau nécessaire à la poursuite en études supérieures. Il est complété par un travail autour de la confiance en soi, dans le cadre du programme « Une Grande Ecole, Pourquoi Pas Moi ? » qui vise à donner aux lycéens le sentiment de légitimité nécessaire pour prétendre accéder aux Grandes Ecoles.
Cette année, l’association est présidée par Juliette Gerbaux, Ingénieure civile en 2e année, qui continue le travail de ces prédécesseurs. Avec une équipe de 25 élèves de 2e année, elle gère les différents programmes, qu’elle nous présente ci-dessous :
Qu’est-ce que le programme Mélia ? Comment s’articule-t-il sur l’année ?
Mélia est un programme un peu chamboulé à cause du Covid mais aussi à cause de la refonte du cycle Ingénieur civil. Historiquement, c’était un programme lié au cours de Mécatronique de 2A. Pour chaque projet de Mécatronique, il y avait un responsable Mélia, chargé d’aller dans des collèges, présenter son projet mais aussi son parcours, les études, et ce dans le but de faire découvrir le métier d’ingénieur aux collégiens. Cette année, ce cours n’est plus au tronc commun et n’a lieu que pour certains élèves au premier trimestre. Une solution de remplacement est possible puisqu’en 2e année, on fait tous des projets d’ingénierie, qui ne dépendent plus du cours de Mécatronique. L’idée aujourd’hui serait donc que le cadre de leur projet, des élèves aillent présenter le métier d’ingénieur, le parcours pour y arriver et présentent leurs réalisations.
On propose un deuxième programme dans le cadre de Mélia : faire construire des mini-robots aux collégiens. Les élèves ingénieurs se rendent dans les collèges, apportent le matériel et le code prérempli puis expliquent aux collégiens, ce qu’est la programmation et la construction d’un robot.
Comment se passe le programme « Une Grande Ecole, Pourquoi Pas Moi ? » et le soutien scolaire au lycée qui sont des programmes tremplin pour motiver les jeunes ?
Le programme « Une Grande Ecole, Pourquoi Pas Moi ? » est un programme de tutorat qui se fait dans quatre lycées. Les élèves s’engagent à partir de la seconde à suivre le tutorat proposé par les Mineurs jusqu’à la fin de leur scolarité. Les tuteurs leur proposent une à deux fois par mois des séances diverses avec des visites de musées pour l’ouverture culturelle, des visites scientifiques plus techniques mais aussi des séances de réflexion. Au début du confinement, on a, par exemple, eu une visioconférence suite au visionnage du film Les Figures de l’Ombre avec un débat sur les valeurs du film et la conquête spatiale. En terminale, on fait de l’aide à l’orientation, donc à la fois une aide à la préparation d’entretiens et des rencontres pour leur faire découvrir les différentes possibilités d’études. L’idée est de sélectionner dès la seconde des élèves qui ont des bonnes notes mais qui sont issus d’un milieu social ne les prédestinant pas à faire une école d’ingénieur. Avec ce programme, on veut aussi leur montrer qu’ils sont soutenus et les aider à se battre contre l’autocensure qu’ils peuvent exercer.
Concernant le soutien scolaire, on va toutes les semaines dans un lycée à côté de Gare du Nord, le lycée Colbert, et on propose deux heures par semaine les élèves sont libres de venir, ils s’installent dans la classe et nous posent des questions.
Comment se passe la relation entre élèves de classes préparatoires et Mineurs puisque le lycéen a passé le cap « du manque de légitimité » et a fait un premier pas vers les Grandes Ecoles ?
C’est un tutorat fait par les élèves de première année aux Mines parce qu’ils ont encore bien en tête le souvenir de la prépa et des besoins qu’on peut avoir. On sélectionne des élèves qui vont bénéficier du tutorat en début de 1re année, parmi les boursiers donc qui n’auraient pas accès à des cours particuliers alors qu’ils pourraient en avoir besoin. On intervient au plus tôt dans l’année, pour leur éviter de décrocher et les soutenir d’un point de vue psychologique et scolaire.
Cahier Vert existe depuis 2003, est-ce que vous avez des données sur l’impact des différents programmes ? Est-ce que certains élèves qui ont reçu l’aide de Mineurs dans le passé ont intégré MINES ParisTech par la suite ?
On cherche des chiffres mais on en a peu. Aujourd’hui on sait qu’il y a quelques élèves aux Mines qui ont bénéficié du tutorat en prépa et qui sont eux-mêmes devenus tuteurs, pour redonner ce qu’ils avaient pu recevoir. On a aussi quelques élèves en 3A qui ont bénéficié du tutorat lycée pendant trois ans. On aimerait récolter plus de données sur les retombées des programmes parce qu’on ne mesure pas bien l’impact de nos actions.
Parvenez-vous à maintenir des actions dans le contexte de crise sanitaire ?
On a tout maintenu. Mélia n’avait pas eu le temps de commencer mais le tutorat lycée continue en distanciel, le tutorat prépa aussi. Le soutien scolaire se maintient en présentiel puisque les lycées sont ouverts et que c’est une activité d’intérêt général.
Pour en savoir plus, cliquez sur le lien ci-dessous et découvrez le site de Cahier Vert.
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